Fin de l’hyperprésidentialisme/Sénégal: Sonko accélère la réforme constitutionnelle et affirme que Diomaye ne pourra modifier « aucune virgule » du texte adopté

Sonko défie l’hyperprésidentialisme et verrouille le texte soumis au référendum

Au Sénégal, la réforme constitutionnelle destinée à réduire les pouvoirs du président de la République entre dans une phase décisive. Portée depuis 2024 par le projet politique de rupture du tandem formé par le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, cette révision de la Constitution est aujourd’hui au cœur des débats institutionnels.

Lors d’une séance plénière consacrée à l’examen des projets de loi portant Code du travail et Code de la sécurité sociale, le président de l’Assemblée nationale est revenu en détail sur la procédure d’adoption de la proposition de loi constitutionnelle actuellement en discussion.

Depuis son accession à la présidence de l’Assemblée nationale après son départ de la Primature en mai 2026, Ousmane Sonko s’est imposé comme le principal défenseur de cette réforme qu’il considère essentielle pour mettre fin à l’hyperprésidentialisme qui caractérise, selon lui, le système politique sénégalais.

Un texte que le président ne pourra pas modifier

Face aux interrogations suscitées par la procédure de révision, Sonko a tenu à clarifier le rôle respectif des institutions.

Selon lui, une fois le texte adopté par l’Assemblée nationale, le président de la République conserve la possibilité de demander une seconde délibération aux députés. Dans ce cas de figure, le texte devra être adopté à une majorité renforcée des trois cinquièmes des députés, contre la majorité absolue requise lors de la première lecture.

Mais le président de l’Assemblée a surtout insisté sur ce qu’il considère comme le scénario le plus probable : la soumission du texte au référendum.

« C’est le projet adopté par les députés qui sera soumis au référendum. Le président de la République ne peut y toucher aucune virgule », a-t-il déclaré devant les parlementaires.

Selon Sonko, le chef de l’État ne dispose d’aucun pouvoir de modification sur le contenu du texte adopté par les députés. Sa seule marge d’action consisterait à saisir le Conseil constitutionnel afin de vérifier sa conformité aux dispositions fondamentales de la Constitution.

Réduire l’hyperprésidentialisme

Cette réforme constitue l’une des promesses majeures formulées par le Pastef lors de la campagne présidentielle de 2024.

Les orientations déjà évoquées prévoient notamment :

un renforcement des pouvoirs de contrôle de l’Assemblée nationale ;

une consolidation du rôle du Premier ministre ;

un encadrement plus strict des prérogatives présidentielles ;

un renforcement du statut de l’opposition ;

une meilleure répartition des pouvoirs entre les institutions.

L’objectif affiché est de bâtir un système institutionnel davantage équilibré, dans lequel les contre-pouvoirs disposeraient de moyens renforcés pour contrôler l’action de l’exécutif.

Un test pour les relations entre Sonko et Diomaye

La relance de ce chantier intervient dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, longtemps perçus comme les deux visages d’un même projet politique.

Depuis son installation au perchoir, Sonko dispose d’un levier institutionnel majeur lui permettant d’influencer directement l’agenda législatif et les grandes réformes de l’État.

En affirmant publiquement que le président ne pourra modifier « aucune virgule » du texte adopté par les députés, le président de l’Assemblée nationale réaffirme la prééminence du Parlement dans cette procédure et entend rappeler les limites constitutionnelles des prérogatives de l’exécutif.

Au-delà de la réforme elle-même, l’issue de ce processus apparaît désormais comme un test majeur pour l’équilibre des institutions sénégalaises et pour l’avenir de la relation politique entre les deux principales institutions du pays.

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