Côte d’Ivoire : au moins 18 blessés dans un violent conflit foncier à Kouto

Un conflit foncier opposant les populations de Samogossoba et de Kouto, dans la région de la Bagoué, a fait au moins 18 blessés, dont un cas grave, ce dimanche 21 juin 2026. Plusieurs engins ont également été endommagés lors des affrontements, selon des sources concordantes citées par Top News Africa.

D’après les informations recueillies, les tensions, latentes depuis plusieurs années autour de l’exploitation des terres situées dans la plaine du lac de Gbinni, ont brusquement dégénéré dimanche matin. Des habitants de Kouto se seraient rendus sur des parcelles cultivées par des populations de Samogossoba afin de détruire les labours réalisés sur place.

Selon les mêmes sources, la situation a rapidement viré à la violence. Des affrontements auraient éclaté, faisant de nombreux blessés parmi les habitants de Samogossoba. Plusieurs victimes auraient été atteintes à la machette ou blessées lors de coups portés à l’aide de gourdins. Les blessés ont été admis à l’hôpital général de Kouto pour recevoir des soins.

Au cœur du différend se trouve le lac de Gbinni et les terres qui l’entourent. Selon les usages traditionnels, la famille Samalah, considérée comme propriétaire ancestrale du site, autorise depuis des générations les populations de Samogossoba et de Kouto à exploiter ces terres agricoles en contrepartie de dons symboliques de cola ou de boissons.

Toutefois, depuis 2024, certaines personnes de Kouto revendiqueraient la propriété exclusive de cet espace agricole. Cette situation a entraîné de multiples incidents, les cultures réalisées par les habitants de Samogossoba étant régulièrement détruites malgré les interventions des autorités administratives locales.

Face à cette situation, les populations de Samogossoba ont saisi la justice après avoir dénoncé les dégâts causés à leurs exploitations agricoles en 2025. Une procédure judiciaire est actuellement en cours devant le tribunal de Boundiali.

Ce nouvel épisode de violence rappelle la sensibilité de la question foncière en Côte d’Ivoire. Les litiges liés à la terre demeurent l’une des principales sources de tensions dans plusieurs régions du pays, où coexistent droits coutumiers et législation moderne sur la propriété foncière. Au-delà des enjeux agricoles, ces conflits touchent également à des questions d’identité, de souveraineté locale et de cohésion sociale.

Les autorités locales n’avaient pas encore communiqué officiellement sur le bilan définitif des affrontements au moment de la rédaction de cet article.

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