Déguerpissement de Koumassi campement / Laurent Gbagbo propose des solutions de relogement

Après le déguerpissement du quartier Campement à Koumassi le 3 juin 2026, l’ancien président Laurent Gbagbo a réagi dans une déclaration relayée par ses proches. Sans citer directement les autorités, il a dénoncé une opération menée « dans la précipitation et la douleur », appelant à la solidarité nationale.

L’opération, supposée conduite par l’opérateur économique Alloui Brou Jacques sur la base d’un jugement du 14 avril 2025, a détruit habitations et commerces sur 10 hectares. Des centaines de familles se retrouvent sans abri. Le Barreau de Côte d’Ivoire a lui-même pointé des « irrégularités graves » : le jugement ne concernait que 6 personnes nommément désignées, alors que les démolitions ont touché des centaines d’occupants non concernés par la procédure.

Dans son message, Laurent Gbagbo a exprimé sa compassion aux sinistrés. Il a insisté sur le respect du droit de propriété garanti par la Constitution et rappelé que « toute mesure affectant les biens des citoyens doit répondre à des exigences légales strictes, notamment d’utilité publique et d’indemnisation ». Pour lui, on ne peut bâtir une ville moderne sur les larmes des populations.

L’ex-chef d’État a salué l’élan de solidarité déjà visible, à l’image de l’épouse Nady Bamba Gbagbo qui s’est rendue le 13 juin au centre d’accueil des victimes : « Je suis venue partager votre peine et vous dire que vous n’êtes pas seuls ».

Laurent Gbagbo a plaidé pour des solutions durables : relogement, indemnisation et dialogue avec les communautés avant toute opération de déguerpissement. Il propose l’enlèvement des gravats et des logements en préfabriqués sur le site déguerpi, à l’image de ce qui avait été fait à l’Injs lors de la pandémie du Covid 19. Il invite le gouvernement à ouvrir une enquête pour faire la lumière sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre, le Parquet n’ayant selon le Barreau délivré aucune réquisition.

La mairie de Koumassi a lancé le 10 juin l’évacuation des gravats, mais les familles réclament encore un toit et des réponses.

SD à Abidjan

syldebailly24@gmail.com

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