Le gouverneur Cissé Bacongo: le vrai Premier-Ministre du président Ouattara ?

La question n’a rien de superficielle, elle se pose clairement aujourd’hui, tant l’homme semble jouir de prérogatives qui vont au-delà de celles dévolues à un simple gouverneur de la capitale. Avant on parlait de Maire centrale de la ville d’Abidjan. Il est était par l’ensemble des maires des dix communes. En 2011 est intervenue une réforme. Fut crée le district d’Abidjan qui en plus des dix communes de la capitale, intègre les communes de Bingerville, Songon, et Anyama. A sa tête se trouve un gouverneur, nommé et non élu. Cissé Bacongo est le second gouverneur.

Doté d’une très forte personnalité, Cissé Bacongo impose aujourd’hui la cadence, en face nous avons Premier ministre ( Beugré Mambé ) totalement dépourvu de toute autorité réelle sur le gouvernement, une situation semble-t-il voulue par le président Ouattara. Contrairement à la voie faible et inaudible de Beugré Mambé, celle de Cissé Bacongo ( malheureusement ), porte haut et fort dans ce pays. Brutal, violent, s’affranchissant des règles, le gouverneur Cissé Bacongo se fait obéir de tous y compris des ministres !!!

En Février 2024, juste après la CAN, alors que la population fêtait toujours la victoire, le gouverneur Cissé Bacongo avait entrepris des déguerpissements qui ont choqué l’opinion. En Conseil des ministres il est mis sur pied un comité interministériel, désormais chargé de la question, et présidé par le Premier Ministre. Ainsi le District était dessaisi de la question. Pourtant le gouverneur Bacongo a ignoré l’existence du comité, et a « mis en garde » les ministres, déclarant avoir une idée fixe en tête et n’entendant pas s’en détourner. Il a continué à mener seul les déguerpissements.

En fait, la politique de l’urbanisme est décidée par l’Etat et mise en œuvre par le ministère de la construction. Elle ne relève pas du Gouverneur du District. Mais Bacongo en a cure, décidant seul et excluant ce ministère, de même que les communes concernées. Bacongo a exclu le Ministère des ressources animales et halieutiques de la gestion de l’abattoir. C’est le district qui a piloté la vente du bétail lors de la dernière Tabaski, mettant de côté le ministère du commerce.

C’est le District qui dicte désormais les règles dans le transport à Abidjan, mettant de côté l’AMUGA, un organisme créé à cet effet, ainsi que le ministère du Transport. Le district s’est aussi engagé dans la gestion de la Forêt du banco. Le gouverneur Bacongo a aussi de façon unilatérale modifié les conventions financières entre le District et les Maires de la capitale, sans en référer au ministère de l’économie et des finances. Dans le détail, il ne les verse plus leurs côte-parts de certaines taxes perçues par ses services.

Aujourd’hui les décisions de Cissé Bacongo ne souffrent d’aucune contestation. Le Président Ouattara a bien nommé des ministres gouverneurs-adjoints ou vice-gouverneur, ce qui devait impliquer des décisions prises de façon collégiale au niveau du District d’Abidjan. Mais Cissé Bacongo ne partage son pouvoir avec personne. Le pouvoir de décision de ces vice gouverneurs est quasi nul. Qui peut arrêter Cissé Bacongo aujourd’hui ? Son ministre de tutelle, le ministre de l’intérieur, ne pèse quasiment rien devant lui. Il apparaît bien comme « l’homme fort » de la place, celui qui détient la réalité du pouvoir. Il est par ailleurs le secrétaire exécutif du parti au pouvoir, et certains pensent qu’il garde dans un coin de sa tête une vue sur le fauteuil.

Douglas Mountain

Le Cercle des Réflexions Libérales

oceanpremier4@gmail.com

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