Côte d’Ivoire / Accident: après le drame du Bafing, l’heure des comptes a sonné

Une semaine après la chute tragique d’un autocar dans le fleuve Bafing, l’émotion a laissé place à une profonde colère en Côte d’Ivoire. Les premiers résultats de l’enquête révèlent un bilan bien plus lourd qu’annoncé initialement et mettent en lumière les graves dérives d’un secteur du transport miné par l’appât du gain et les défaillances des contrôles.

C’est une véritable onde de choc qui secoue le pays. Sept jours après la tragédie survenue sur l’axe Touba–Biankouma, les circonstances exactes du drame se précisent, transformant ce qui semblait être un simple accident en un scandale national.

Le bilan humain, revu à la hausse, est désormais de 39 morts, dont huit enfants, et 45 blessés. Des dizaines de vies ont été brutalement fauchées dans les eaux du fleuve Bafing.

Une « épave hors-la-loi » sur les routes

Les premiers éléments de l’enquête décrivent une véritable mécanique de la mort. L’autocar en provenance d’Odienné était ce que beaucoup qualifient désormais de « cercueil roulant ». Le véhicule circulait clandestinement depuis plus d’un an, sans aucune visite technique valide.

Pour dissimuler cette fraude, une fausse plaque d’immatriculation avait été installée. Plus grave encore, les expertises techniques révèlent que le car était équipé d’un système de freinage défectueux et de pneus totalement usés, incompatibles avec les exigences minimales de sécurité.

L’appât du gain au mépris de la vie humaine

Au-delà de l’état de délabrement du véhicule, c’est la surcharge extrême qui suscite l’indignation. Alors que l’autocar était homologué pour transporter 69 passagers, pas moins de 91 personnes se trouveraient à bord au moment du drame.

Vingt-deux passagers supplémentaires auraient été embarqués clandestinement en cours de route afin d’augmenter les recettes, au mépris des règles les plus élémentaires de sécurité.

« Devant l’appât du gain, la vie humaine n’a plus aucune valeur pour certains transporteurs », dénoncent plusieurs organisations de la société civile.

La faillite des contrôles routiers en question

Ce drame relance avec force le débat sur l’efficacité des contrôles routiers et sur la corruption qui gangrène certains corridors.

Comment un autocar circulant avec une fausse immatriculation, sans visite technique, avec des freins défectueux, des pneus lisses et en surcharge manifeste a-t-il pu franchir pendant des mois les nombreux barrages de contrôle sans être immobilisé ?

Cette question est désormais au cœur des interrogations.

En Côte d’Ivoire, les appels à des sanctions exemplaires se multiplient. Les familles des victimes et plusieurs organisations de la société civile réclament que toutes les responsabilités soient établies, qu’elles concernent les transporteurs, les propriétaires du véhicule ou les agents de contrôle qui auraient failli à leur mission.

Au-delà du drame humain, cette catastrophe apparaît désormais comme le révélateur d’un système de contrôle technique routier qui appelle une profonde réforme afin qu’un tel drame ne puisse plus se reproduire.

Avec MS

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