Faut-il craindre pour la vie d’Alloui Brou Jacques ?

Arrêté le 18 juin 2026 alors qu’il avait pris la fuite, Monsieur Alloui Brou Jacques est placé sous mandat de dépôt à la section antiterroriste du Tribunal de première instance d’Abidjan depuis le 29 juin 2026. Celui qui, officiellement, a fait démolir, le 3 juin, le sous-quartier « Koumassi-Campement », dans la commune de Koumassi, sur la base d’une décision de justice qui s’est révélée fausse, est, en principe, en attente de son procès. Mais celui-ci aura-t-il forcément lieu un jour ? On peut en douter.

Après son interpellation, un communiqué du procureur a fait état de l’audition du maire de Koumassi, du directeur des Moyens techniques du District d’Abidjan et du responsable de l’entreprise qui avait entrepris les démolitions. Le procureur a ensuite annoncé « la poursuite » des auditions, sans toutefois révéler l’identité des personnes interrogées après ces trois responsables. Depuis, plus rien. On attend le procès pour avoir le fin mot de ce drame dans lequel quelque 20 000 personnes ont vu leurs habitations démolies.

Et pourtant, on dispose de certains éléments. Les forces de l’ordre qui ont sécurisé l’opération sont les mêmes que celles qui avaient sécurisé les démolitions entreprises par le District à Vridi et Port-Bouët quelques jours auparavant. Elles avaient été mises à la disposition du District par la Préfecture de police d’Abidjan. L’entreprise de démolition sollicitée par le District d’Abidjan pour ces déguerpissements est également la même que celle qui a démoli le sous-quartier « Koumassi-Campement ». On voit mal un individu aussi démuni que M. Alloui Brou Jacques mobiliser à lui seul autant de moyens.

La démolition de la zone a donc été rendue possible grâce aux moyens mis à disposition par le District d’Abidjan. Ce déguerpissement porte la marque du District, donc de son gouverneur, Cissé Bacongo Ibrahima. Au fond d’eux-mêmes, les Ivoiriens le savent, surtout les responsables politiques, mais tous semblent regarder ailleurs, Cissé Bacongo étant un personnage redouté en raison de sa brutalité et de ses liens avec le sommet de l’État. Le procès de M. Alloui Brou Jacques, s’il venait à avoir lieu, révélerait les éléments à charge contre le District, et donc contre Cissé Bacongo Ibrahima.

Le pouvoir prendra-t-il ce risque ? Cissé Bacongo jouit d’une quasi-impunité malgré les dérives qui lui sont reprochées. Personne ne semble oser modérer ses ardeurs lorsqu’il fait raser des zones habitées, jetant femmes et enfants à la rue, sans aucune assistance. On voit mal un procès se tenir et déboucher sur sa mise en cause. On peut donc s’inquiéter du sort en détention de M. Alloui Brou Jacques, car tout porte à croire que ce procès pourrait ne jamais se tenir. M. Alloui Brou Jacques pourrait alors demeurer en détention indéfiniment, sans exclure, selon l’auteur, que « certaines dispositions » soient prises afin d’accélérer cette issue.

Le plus lamentable est de voir le gouverneur Cissé Bacongo continuer à occuper le devant de la scène lors des cérémonies officielles, comme s’il n’était en rien impliqué dans cette tragédie. C’est, selon l’auteur, une méchanceté sans nom. Après avoir plongé toute une partie de la population dans la crise, après avoir semé la mort et la désolation dans plusieurs quartiers du District, il s’affiche en « bâtisseur » et revendique sa proximité avec « les populations du District ». C’est le monde à l’envers. Le président Alassane Ouattara semble « paralysé » lorsqu’il s’agit de le sanctionner. Quel lien « mystique » unit les deux hommes ? Une chose paraît certaine aux yeux de l’auteur : Cissé Bacongo Ibrahima ne sera ni écarté ni inquiété. Quant au sort de M. Alloui Brou Jacques, il risque d’être traité comme quantité négligeable.

Douglas Mountain
oceanpremier4@gmail.com

Le Cercle des Réflexions Libérales

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