
L’ancien ministre et homme d’affaires Jean-Louis Billon tire la sonnette d’alarme sur la question de la salubrité urbaine en Côte d’Ivoire. Dans un message publié sur sa chaîne WhatsApp, le candidat arrivé deuxième à l’élection présidentielle de 2025 dénonce la prolifération des déchets dans les villes ivoiriennes et appelle à faire de l’hygiène et de la gestion des déchets une priorité nationale.
« Il ne s’agit pas seulement d’Abidjan, mais de toute la Côte d’Ivoire. Nos villes suffoquent sous les ordures. C’est devenu une vraie calamité », affirme-t-il.
Pour Jean-Louis Billon, la question de la salubrité dépasse le simple cadre de l’esthétique urbaine. Elle constitue, selon lui, un enjeu fondamental de gouvernance locale et de santé publique.
« L’hygiène et la salubrité doivent être des priorités nationales. La gestion de la cité tourne en grande partie autour de la salubrité », soutient-il.
L’exemple de Dabakala
Pour illustrer son propos, l’ancien maire de Dabakala revient sur son expérience à la tête de la commune pendant dix années.
Selon lui, même dans un contexte marqué par la crise ivoirienne, la municipalité avait fait de la salubrité sa priorité absolue.
« J’ai été maire de Dabakala pendant dix ans. Nous étions en pleine crise ivoirienne. J’ai fait un choix simple : la salubrité en priorité numéro un », rappelle-t-il.
Grâce à l’appui de la coopération allemande et de la Banque mondiale, la commune avait pu se doter d’une déchèterie et acquérir du matériel destiné au transport et au ramassage des ordures.
Les déchets, un gisement économique sous-exploité
Au-delà de la question environnementale, Jean-Louis Billon insiste sur la dimension économique de la gestion des déchets.
Pour lui, les ordures ne doivent plus être considérées uniquement comme un problème à éliminer, mais comme une ressource susceptible de générer de la valeur et des emplois.
« Gérer une ville, c’est d’abord gérer ses déchets. C’est devenu une science à part entière », explique-t-il, évoquant notamment les déchets organiques, industriels, plastiques ou encore les mécanismes de tri sélectif.
Selon lui, chaque tonne de déchets correctement collectée et traitée représente une opportunité économique.
« Derrière chaque tonne de déchets bien gérée, il y a des emplois, des entreprises et de la richesse créée », souligne-t-il.
L’ancien patron du groupe SIFCA estime ainsi que la Côte d’Ivoire perd chaque jour un potentiel économique important faute d’une politique efficace de traitement et de valorisation des déchets.
« Ce que nous perdons en ne traitant pas nos déchets correctement, c’est bien plus que de l’insalubrité. C’est une opportunité économique immense qui disparaît chaque jour », affirme-t-il.
Un débat au cœur des préoccupations urbaines

Cette sortie intervient dans un contexte où la question de l’insalubrité revient régulièrement dans le débat public. Dans plusieurs communes d’Abidjan comme dans de nombreuses villes de l’intérieur du pays, les populations dénoncent l’accumulation de déchets, l’insuffisance du ramassage des ordures et les conséquences sanitaires qui en découlent.
En invitant les citoyens à partager des photos de leur quartier, Jean-Louis Billon cherche visiblement à documenter l’ampleur du phénomène et à alimenter le débat sur la gouvernance urbaine et la gestion des collectivités locales.
À l’approche des futures échéances municipales et régionales, la question de la salubrité pourrait ainsi s’imposer comme l’un des principaux critères d’évaluation de l’action des élus locaux par les populations.





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