L’Intérieur, la Sécurité et la Santé restent les secteurs les plus exposés, selon la HABG
Les secteurs de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Santé demeurent les plus touchés par les dénonciations de faits présumés de corruption en Côte d’Ivoire. C’est ce qu’a révélé le président de la Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG), Épiphane Zoro Bi Ballo, lors de son passage à l’émission Les Grands Rendez-vous de l’AIP.
Selon le premier responsable de l’institution chargée de la prévention et de la lutte contre la corruption, les pratiques de racket, assimilées à la petite corruption, continuent de générer un grand nombre de plaintes de la part des citoyens.
« Les secteurs les plus fréquemment cités sont ceux de l’Intérieur et de la Sécurité. Nous recevons de nombreuses dénonciations relatives aux pratiques de racket, dont les conséquences sont particulièrement préjudiciables aux populations ainsi qu’à l’économie nationale », a déclaré Épiphane Zoro Bi Ballo.
Le secteur de la santé également sous surveillance
Le président de la HABG a également indiqué que le secteur de la santé figure parmi les domaines les plus sensibles en raison de son impact direct sur le quotidien des populations.
Il a révélé que plusieurs opérations de contrôle ont été menées dans des établissements sanitaires publics, notamment au sein de Centres hospitaliers universitaires (CHU), d’hôpitaux généraux et d’autres structures de santé. Il a toutefois précisé que toutes les enquêtes ne donnent pas lieu à une communication publique, certaines nécessitant discrétion et confidentialité afin de préserver leur efficacité ainsi que les droits des personnes concernées.
La digitalisation, principal rempart contre la corruption
Pour le président de la HABG, la transformation numérique des services publics constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les risques de corruption.
Il a salué les réformes engagées par l’État, notamment dans le secteur de la santé, où plusieurs procédures de distribution et d’accès à certains produits médicaux ont été dématérialisées afin de limiter les interventions humaines et de renforcer les mécanismes de contrôle.
Le secteur de la justice a également connu des avancées notables grâce au programme e-Justice, qui a permis de réduire les contacts directs entre les usagers et l’administration pour l’obtention de documents tels que les casiers judiciaires ou les certificats de nationalité, réduisant ainsi les possibilités de pratiques frauduleuses.
« La solution durable réside dans la digitalisation des services publics et dans le renforcement de la transparence au sein de l’administration », a insisté Épiphane Zoro Bi Ballo.
Des progrès dans les marchés publics, mais d’autres secteurs restent à risque
Le président de la HABG a également salué les progrès enregistrés dans le domaine des marchés publics. Longtemps considéré comme l’un des secteurs les plus exposés à la corruption, il bénéficie désormais d’une dématérialisation croissante des procédures de passation et d’attribution des marchés.
En revanche, d’autres domaines continuent de faire l’objet de nombreuses dénonciations. Il s’agit notamment du foncier, de la construction ainsi que de certaines activités relevant de l’administration territoriale.
Pour Épiphane Zoro Bi Ballo, la lutte contre la corruption demeure un enjeu majeur pour améliorer la gouvernance publique, renforcer l’attractivité économique de la Côte d’Ivoire et consolider la confiance des citoyens dans les institutions.






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