
Par Soumahoro Alfa Yaya, Journaliste-Écrivain
La possibilité d’une éventuelle nomination de Téné Birahima Ouattara (TBO) au poste de Vice-Président de la République, ainsi que les spéculations sur une candidature à l’élection présidentielle de 2030, alimentent depuis plusieurs semaines les débats politiques et les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire.
Pour certains observateurs, une telle perspective soulève des interrogations liées à la proximité familiale entre TBO et le président de la République. Pour d’autres, la seule question pertinente demeure celle de la conformité au droit ivoirien.
Ce que dit la Constitution
À la lumière de la Constitution ivoirienne et des textes régissant les institutions de la République, aucune disposition ne semble interdire à Téné Birahima Ouattara d’être nommé Vice-Président de la République si le Président de la République décide de pourvoir cette fonction conformément aux mécanismes prévus par la loi fondamentale.
De la même manière, aucune disposition constitutionnelle n’exclut un citoyen de la compétition présidentielle en raison de ses liens familiaux avec un chef d’État en exercice ou ayant exercé le pouvoir.
Dans une République démocratique, le principe fondamental demeure l’égalité des citoyens devant la loi. L’éligibilité à une fonction publique ou élective repose sur le respect des conditions légales fixées par la Constitution et les lois de la République, et non sur l’appartenance familiale.
Le débat entre légalité et perception politique
Les critiques formulées contre une éventuelle ascension politique de Téné Birahima Ouattara reposent principalement sur des considérations d’opportunité politique ou sur la crainte d’une transmission du pouvoir au sein d’une même famille.
Cependant, sur le plan strictement juridique, la question est différente. Dans un État de droit, un citoyen ne peut être privé de ses droits politiques sur la base de suppositions ou de considérations subjectives.
Les partisans de cette lecture estiment qu’il convient de distinguer les débats politiques, qui relèvent de la libre appréciation des citoyens, des règles juridiques qui encadrent l’accès aux fonctions publiques.
Une éventuelle candidature en 2030
Concernant l’élection présidentielle de 2030, la situation apparaît similaire. Si Téné Birahima Ouattara décidait de se porter candidat et remplissait les conditions d’éligibilité prévues par la Constitution au moment du scrutin, aucun obstacle juridique ne l’empêcherait de solliciter les suffrages des électeurs.
Dans ce cas, comme pour tout candidat, la décision finale reviendrait au corps électoral.
Les démocraties modernes reposent précisément sur ce principe : ce ne sont ni les réseaux sociaux, ni les polémiques médiatiques, ni les procès d’intention qui désignent les dirigeants, mais le vote des citoyens dans les urnes.
Le verdict appartient au peuple
Au-delà des controverses, plusieurs analystes rappellent que le véritable débat devrait porter sur les projets de société, les programmes politiques, les compétences et les bilans des différents prétendants à la magistrature suprême.
Dans cette perspective, la démocratie offre un mécanisme clair : ceux qui s’opposent à une candidature disposent de la possibilité de défendre une alternative politique et de convaincre les électeurs.
Au final, dans une République démocratique, la légitimité ne procède ni de l’héritage familial ni de l’exclusion, mais du suffrage populaire.
Comme le résume un proverbe africain souvent cité dans les débats politiques : « Dans la savane, le fils du roi et le fils du berger courent sous le même soleil ; seul le village choisit celui qui le conduira. »

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