Laurent Gbagbo: « Nous avons eu deux camarades emprisonnés qui sont décédés »

À l’occasion de la 4e édition de la Fête de la Renaissance organisée à Songon M’Brathé, dans la périphérie d’Abidjan, Laurent Gbagbo a livré un discours à forte portée politique et émotionnelle devant les militants du PPA-CI.

Fraîchement réélu à la tête du parti, l’ancien chef de l’État ivoirien a évoqué à la fois l’organisation interne du PPA-CI, la question des détenus politiques et les libertés publiques sous le régime du président Alassane Ouattara.

« Je vais déléguer les pouvoirs du président »

Dans une déclaration qui a particulièrement retenu l’attention des militants et observateurs politiques, Laurent Gbagbo a annoncé son intention de déléguer une partie de ses responsabilités au sein du parti.

« Je vais déléguer les pouvoirs du président. Mais attention, je n’ai pas dit que je vais nommer mon successeur », a-t-il précisé devant les militants.

L’ancien président a expliqué vouloir confier la gestion quotidienne du parti à un collaborateur chargé d’assurer le fonctionnement opérationnel du PPA-CI.

« Je vais déléguer quelqu’un qui va tous les jours aller au marché, venir, aller au magasin, venir, aller à la boutique, venir. Je vais lui déléguer les pouvoirs pour qu’il s’asseye au volant et qu’il fasse toutes les courses du parti », a-t-il déclaré dans une formule imagée.

Ces propos alimentent déjà les spéculations autour de la future organisation interne du parti et des équilibres de pouvoir au sein du camp gbagboïste.

La question des détenus politiques remise au centre du discours

Laurent Gbagbo a également consacré une large partie de son intervention à la situation des militants emprisonnés, dénonçant ce qu’il considère comme des atteintes aux libertés individuelles et collectives.

« Nous avons eu deux camarades emprisonnés qui sont décédés. Nous avons également plus de 1 600 compagnons détenus. Nous devons penser à eux et continuer à œuvrer pour leur libération », a-t-il affirmé.

Le leader du PPA-CI a indiqué prier quotidiennement pour leur remise en liberté, tout en critiquant les arrestations liées à certaines mobilisations sociales.

« Dire que la vie est chère n’est pas un crime »

Prenant l’exemple d’un militant emprisonné à Man après une manifestation contre la vie chère, Laurent Gbagbo a défendu le droit à la contestation sociale.

« Notre camarade de Man est en prison pour avoir participé à une manifestation contre la vie chère. Pourtant, dire que la vie est chère n’est pas un crime », a-t-il insisté.

L’ancien président a ensuite comparé cette situation à certaines manifestations survenues durant son propre mandat après la hausse du prix du carburant.

« Quand j’étais président, des manifestations avaient eu lieu après la hausse du prix du carburant. Je n’ai pas fait emprisonner les manifestants ; nous avons discuté », a-t-il déclaré.

La liberté comme thème central

Concluant son intervention sur un registre plus idéologique, Laurent Gbagbo a affirmé que la défense des libertés demeurait au cœur de son combat politique.

« Certains disent que je répète toujours les mêmes choses. Oui, parce que la liberté doit être défendue chaque fois qu’elle est menacée », a-t-il martelé sous les applaudissements de ses partisans.

À travers ce discours, le président du PPA-CI semble vouloir repositionner son parti autour des thèmes des libertés publiques, de la justice sociale et de la solidarité avec les détenus politiques, dans un contexte où les tensions politiques demeurent fortes à l’approche des prochaines échéances électorales en Côte d’Ivoire.

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