« Je suis un élu français » : la réponse ferme de Bally Bagayoko à Pascal Hervouet après des propos sur CNEWS

Une séquence diffusée sur CNEWS continue de susciter de nombreuses réactions en France. En cause : une déclaration du journaliste Pascal Hervouet affirmant :
« La France a perdu le Mali, et nous on a Bally Bagayoko, un maire malien en France. »

Des propos qui ont provoqué une vive indignation et auxquels l’élu français Bally Bagayoko a répondu dans un texte long, politique et particulièrement structuré, dénonçant ce qu’il considère comme une remise en cause de sa légitimité républicaine.

« Je suis Français et pleinement légitime »

Dans sa réponse, Bally Bagayoko rappelle d’abord son statut d’élu de la République française et refuse toute assignation identitaire fondée sur ses origines familiales.

« Je suis un élu de la République française. Je suis Français », affirme-t-il, soulignant qu’il est « né de l’histoire de l’immigration », tout en étant « pleinement légitime dans les responsabilités que les citoyens [lui] ont confiées par le suffrage universel ».

Pour l’élu, le problème dépasse largement sa personne. En le qualifiant de « maire malien en France », Pascal Hervouet renverrait symboliquement « des millions de Français issus de l’immigration » à une altérité permanente, indépendamment de leur citoyenneté ou de leur engagement dans la société française.

Une critique directe de la ligne éditoriale de CNEWS

Au-delà des propos du journaliste, Bally Bagayoko met également en cause le climat médiatique entourant certaines émissions de CNEWS.

Selon lui, ce type de déclaration n’apparaît plus comme un simple « dérapage », mais comme le symptôme d’une banalisation des amalgames identitaires dans le débat public.

L’élu estime que cette récurrence contribue à installer l’idée qu’il existerait des Français « plus légitimes que d’autres », nourrissant ainsi les fractures au sein de la société française.

Le rapport entre la France et l’Afrique au cœur du débat

Dans son texte, Bally Bagayoko élargit également la réflexion aux relations entre la France et le continent africain.

Il rappelle que plusieurs pays africains expriment depuis des années une volonté croissante d’être considérés comme des partenaires souverains et non plus à travers des logiques héritées de la période postcoloniale.

« Le Mali n’a pas été perdu comme on perdrait un territoire ou une possession », écrit-il, insistant sur le fait que le Mali demeure un État souverain.

Pour lui, établir un parallèle entre la crise diplomatique franco-malienne et son élection municipale en France révèle précisément la persistance d’un regard colonial sur certains citoyens français issus de l’immigration africaine.

Une prise de parole largement relayée

La réponse de Bally Bagayoko a rapidement circulé sur les réseaux sociaux et dans plusieurs cercles politiques et militants, relançant les débats autour de l’identité nationale, de la représentation politique et du traitement médiatique des Français issus de l’immigration.

À travers cette intervention, l’élu affirme vouloir défendre une certaine idée de la République française : celle de l’égalité des citoyens, du respect de la dignité individuelle et d’une appartenance nationale qui ne saurait être conditionnée aux origines familiales.

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