Les spéculations autour d’une éventuelle nouvelle candidature du président Alassane Ouattara alimentent déjà les débats politiques en Côte d’Ivoire, moins d’un an seulement après la dernière élection présidentielle.
Depuis la dissolution unilatérale et inattendue de la Commission électorale indépendante par le gouvernement, certains observateurs évoquaient l’hypothèse d’une préparation progressive de son frère cadet, Téné Brahima Ouattara, comme possible successeur politique. Mais au fil des mois, une autre lecture semble prendre de l’ampleur : celle d’un maintien direct du chef de l’État au sommet du pouvoir à travers une nouvelle candidature présidentielle.
Selon plusieurs analyses relayées dans les milieux politiques et diplomatiques, le président ivoirien mènerait des consultations avec différents partenaires internationaux et acteurs influents. Parmi les soutiens régulièrement évoqués figurent notamment France, le Fonds monétaire international, ainsi que certains partenaires financiers, diplomatiques et religieux historiquement proches du pouvoir ivoirien.
Les partisans de cette thèse estiment qu’Alassane Ouattara chercherait à convaincre ses alliés qu’il demeure le principal garant de la stabilité politique, institutionnelle et économique du pays dans un contexte régional marqué par les crises sécuritaires persistantes en Afrique de l’Ouest et par une instabilité géopolitique mondiale croissante.
Plusieurs commentateurs établissent également un parallèle avec la longévité politique du président Paul Biya au Cameroun, mais aussi avec l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, considéré comme le principal mentor politique du président ivoirien. Dans cette logique, l’idée d’un dauphin comme « Photocopie » relèverait davantage d’une stratégie de diversion destinée à maintenir le flou sur les véritables intentions du pouvoir.
Dans le même temps, plusieurs sources évoquent un renforcement progressif des dispositifs sécuritaires et des services de renseignement. Pour les défenseurs de cette ligne, les bouleversements internationaux récents — notamment les tensions géopolitiques liées au retour de Donald Trump sur la scène politique américaine, ainsi que les crises politico-militaires répétées au Mali et dans l’ensemble du Sahel — renforceraient la nécessité d’un pouvoir expérimenté capable de préserver la stabilité de l’État dans un environnement international jugé de plus en plus imprévisible.
Face à une opposition affaiblie — avec notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo absent du Parlement et Tidjane Thiam toujours éloigné du pays — certains analystes considèrent désormais que le scénario d’un maintien durable d’Alassane Ouattara au pouvoir, à travers un éventuel cinquième mandat, ne relève plus seulement de la rumeur politique.







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