Après le troisième pont (pont HKB), le quatrième (pont Laurent Gbagbo (? )), et le cinquième pont d’Abidjan (pont Alassane Ouattara ou Pont de Cocody), un sixième pont doit incessamment être mis en chantier. Il va relier le quartier d’Abata à l’Aéroport de Port-Bouët, en passant par la commune de Koumassi. Long de 1,5 km ce pont va enjamber la lagune sur deux sections distinctes, la section Abata-Koumassi, et la section Koumassi-Port Bouet. Le tracé originel prévoyait de relier directement Abata ( et en arrière plan Bingerville), à l’aéroport. Mais il fut modifié pour permettre à l’ouvrage d’absorber une partie de la circulation qui part de Koumassi en direction de l’aéroport.
L’ouvrage sera un pont péage, et sera réalisé en mode partenariat public privé. Signalons que le quatrième pont d’Abidjan n’est pas un partenariat public privé ( PPP ) comme certaines publications le mentionnent. L’Etat ivoirien a financé seul ce pont, en partie par un prêt auprès de la BAD. Dans le cadre du troisième pont ( pont HKB ) qui lui est un PPP, l’Etat ivoirien s’est associé à des partenaires privés pour le financement de l’ouvrage. Ensemble ils ont formé un consortium, la SOCOPRIM, qui a construit l’ouvrage et est actuellement chargée de son exploitation pendant la période de concession, au terme de laquelle le pont sera propriété de l’Etat ivoirien.
C’est ce même mode de financement qui est prévu pour le sixième pont. Deux partenaires se sont signalés, la CCECC (la China Civil Engineering Construction Corporation), et justement l’entreprise SOCOPRIM, qui forte de son expérience sur le troisième pont, a envisagé de se lancer à l’assaut du sixième. Les études APS ( les premières études techniques ) et les études EIES ( études d’impact environnementales et sociales) ont été restituées en 2022, ce qui a permis à l’Etat ivoirien de signer un MOU ( Memorandum Of Understanding ) avec la CCECC, valide jusqu’en 2024. Il semble bien aujourd’hui que c’est ce partenaire qui a finalement été choisi.
Le pont était supposé être mis en chantier en 2024, puis ce délai fut reporté à 2026. Le pont sera long de 1,5 km, et devrait coûter environ 200 milliards de FCFA. Il ne faut pas le confondre, au futur pont de Vridi qui doit être construit pour enjamber le canal. Les deux sites sont fort éloignés l’un de l’autre. Pourtant beaucoup de publications font cet amalgame. Ces deux ouvrages entrent dans le cadre de l’autoroute de contournement d’Abidjan, cette voie expresse qui doit ceinturer la capitale. Le pont de vridi sera un pont à haubans, à la différence du sixième pont qui sera un pont classique.
Le choix partenaire, la China Civil Engineering Construction Corporation ( CCECC ) soulève aussi des questions, à la lumière des dernières réalisations chinoises dans le pays. La Chine a prétendu avoir construit le stade d’Ebimpé à 67 milliards FCFA. Pourtant l’Etat ivoirien a dû engager quelques 30 milliards pour reprendre certaines parties de l’ouvrage. Actuellement il est question de remplacer le toit du stade, car les Chinois ont simplement installé une bâche. Quant au quatrième pont d’Abidjan, les Chinois ont refusé de réaliser le passage souterrain au niveau de la Mairie d’Adjamé, le Pont sur l’Avenue 13, et l’élargissement de l’avenue Reboul, alors que ces composantes figuraient bien dans le cahier de charges.
Le port sec de Ferké, dont les travaux ont été lancés en Mai 2021, aurait dû être livré en Décembre 2023 ( au terme de 30 mois ). Il est toujours en chantier. Il va couter 254 milliards FCFA. Pourtant quand on voit les images, on se rend compte que les Chinois ont tout simplement bâclé cet ouvrage. Quant au barrage de Gribo Popoli a Soubré ( coût 247 milliards), les Chinois l’ont déclaré « terminé opérationnel » depuis décembre 2025. Pourtant cinq mois plus tard, il n’est toujours pas inauguré. Ce qui soulève des questions. Au regard de ces déconvenues, les Chinois n’apparaissent pas comme des partenaires fiables. Et cela de plus en plus de gouvernements africains commencent à le faire réaliser.
On peut se demander ce qui a motivé le choix de l’Etat sur la CCECC, au détriment de SOCOPRIM, qui forte de son savoir dans le cadre du troisième pont, n’aurait eu aucun mal à lever les 200 milliards nécessaires au projet du sixième pont. Le chantier du pont devrait être lancé en 2024. Ce retard et l’absence de communication officielle sont bien la preuve que quelque chose coince avec la CCECC.
Douglas Mountain
oceanpremier4@gmail.com
Le Cercle des Réflexions Libérales







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