Demande d’asile, passeport nigérien: les éléments qui pourraient empêcher l’extradition de Kemi Seba vers le Bénin

Le militant panafricaniste Kemi Seba envisage de demander l’asile politique en Afrique du Sud afin d’éviter une éventuelle extradition vers le Bénin, où il est accusé d’avoir soutenu une tentative de coup d’État en décembre 2025.

De son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, l’activiste de 44 ans a comparu devant un tribunal de Pretoria aux côtés de son fils Khonsou, âgé de 18 ans, ainsi que d’un ressortissant sud-africain accusé d’avoir facilité leur fuite illégale vers le Zimbabwe.

Très influent sur les réseaux sociaux avec plus de 1,5 million d’abonnés, et réputé proche des juntes sahéliennes, Kemi Seba avait été arrêté mi-avril en Afrique du Sud alors qu’il s’apprêtait à quitter clandestinement le territoire sud-africain. Son visa avait expiré au moment de son interpellation.

Lors d’une audience consacrée à sa demande de remise en liberté provisoire, Kemi Seba a affirmé craindre pour sa sécurité en cas de retour au Bénin.

« Je nourris la crainte, pas seulement perçue mais bien réelle, que ma vie serait en danger si je devais retourner au Bénin avec les autorités actuelles », a déclaré l’activiste dans une déclaration sous serment lue par son avocat.

Le gouvernement béninois lui reproche notamment d’avoir publiquement soutenu, le 7 décembre 2025, une tentative avortée de renversement du président Patrice Talon, qu’il avait qualifiée de « jour de la libération » du pays.

Quelques jours plus tard, les autorités béninoises avaient lancé un mandat d’arrêt international contre lui.

L’un des principaux arguments susceptibles de compliquer une extradition repose désormais sur sa demande d’asile politique déposée en Afrique du Sud et enregistrée le 28 avril. Son avocat soutient que son dépassement de visa doit être examiné dans le cadre de la protection accordée aux demandeurs d’asile et non uniquement comme une infraction migratoire.

Autre élément important : Kemi Seba dispose d’un passeport diplomatique nigérien accordé par les autorités militaires du Niger après le coup d’État de 2023. Selon ses déclarations devant le tribunal, l’ambassade nigérienne en Afrique du Sud serait disposée à l’héberger s’il obtenait une liberté provisoire.

L’audience a été renvoyée au 19 mai 2026. D’ici là, Kemi Seba et les deux autres prévenus restent détenus.

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