PDCI-RDA: Valérie Yapo crée un courant au sein du parti contre « les mauvaises pratiques et la division »

Mme Valérie Yapo, membre du Bureau politique, est désormais la présidente nationale d’un courant interne au PDCI-RDA pour défendre les textes dudit parti. Il s’agit du mouvement « Héritiers pour la Démocratie et la Légalité » (HDL PDCI-RDA). À cet effet, elle a lancé officiellement ce courant, ce lundi 4 mai 2026, dans une salle du Palm Club Hôtel, qui fera sa sortie prochaine dans trois semaines, dit-on.

En attendant, quels sont les objectifs et le but de ce nouveau courant, après « le Renouveau PDCI », créé par Akossi Bendjo avant le coup d’État de 1999 ? Propos liminaires.

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Chers militants et militantes,

Honorables invités,

Je vous remercie pour votre présence à cette conférence de presse consacrée à jeter un regard sur la situation au PDCI, son évolution et les implications nécessaires pour préserver cet héritage si cher à nos devanciers.

La rencontre de ce jour est un moment important. Un moment de responsabilité. Un moment de fidélité à l’histoire et d’engagement pour l’avenir.

Certains m’attendaient sur un tout autre terrain, comme si c’était leur souhait. Et ce souhait était de me voir rejoindre d’autres camps politiques sur la place, ou même d’aller créer un parti politique.

Mais, hélas, ils ne doivent pas prendre leurs désirs pour des réalités. Quand on naît dans une famille qui vous a donné un nom, des valeurs et des principes, on n’en sort pas pour aller squatter chez des voisins parce qu’il y a des contradictions dans la maison. On assume sa différence et, au besoin, on se bat pour démontrer qu’on n’a pas tort, afin de ramener les autres à la raison, si tant est que l’on est convaincu d’emprunter la bonne voie. C’est notre cas aujourd’hui.

Nous sommes des militants du PDCI-RDA. Nous sommes surtout les héritiers d’une pensée politique bâtie sur des valeurs fortes, portées par des figures emblématiques que sont les présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié.

Ces valeurs ont un nom : la démocratie, la légalité, le dialogue et la cohésion. C’est au nom de ces valeurs que nous prenons aujourd’hui la parole.

Justement, avant d’aller plus loin, jetons un regard rétrospectif sur l’histoire récente de notre parti. Remontons aux lendemains du décès, le 1er août 2023, de notre illustre président Henri Konan Bédié, jusqu’à ce jour. Faisons ce bilan que beaucoup se refusent de faire, voire même de regarder.

Depuis décembre 2023, le PDCI-RDA va mal. Le parti de nos illustres pères, Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié, est plongé dans une profonde crise dont il peine à sortir. À l’origine de ce malaise, l’élection contestée de M. Tidjane Thiam à la tête de notre grande famille politique.

Cette élection a consacré de mauvaises pratiques et une division que l’on tente, par tous les moyens, d’ignorer, juste pour s’accrocher à des positions. Les faits se succèdent et n’honorent pas le PDCI-RDA, parti du dialogue et de la démocratie, depuis la disparition du président Bédié. Entre autres, et parmi les plus marquants : le viol flagrant de nos textes pour faire plaisir à un tiers, le remplacement abusif des délégués, la non-tenue du Bureau politique dans la prise de décisions importantes engageant la vie du parti, etc.

Sur la scène politique nationale, le PDCI-RDA marche à reculons, ses nouveaux dirigeants multipliant les dérives. La radiation de M. Thiam de la liste électorale, réalité prévisible, est restée en travers de la gorge des militants. Pire, l’absence du PDCI-RDA à l’élection présidentielle du 25 octobre 2025, au cours de laquelle le parti n’a présenté aucun candidat officiel, a accentué les clivages et les désenchantements.

La conséquence directe est bien connue : l’échec cuisant aux législatives de décembre 2025, à l’issue desquelles le PDCI a perdu la moitié de ses sièges à l’Assemblée nationale, ainsi que sa stature de parti solidement implanté sur le territoire.

Tout récemment encore, le refus d’un groupe de députés d’intégrer le groupe parlementaire, pour protester contre certaines manœuvres aux antipodes des usages du parti, témoigne de la profondeur du malaise.

En deux ans à peine, de décembre 2023 à ce jour, cinq (5) procès ont été intentés contre le PDCI-RDA.

Tout cela fait beaucoup. Trop de bruit à l’intérieur de notre famille politique. Trop de brouhaha qui n’aide pas à avancer, mais plutôt à reculer.

Les toutes dernières en date : un séminaire tenu ce week-end, les 1er et 2 mai 2026, à Bingerville, par un groupuscule assimilable à un club d’amis, et qui a accouché de résolutions venant encore alimenter le débat. J’ai cru lire dans ces résolutions que nos frères ont décidé de remettre en avant les présidents Houphouët-Boigny et Konan Bédié pour tenter de remobiliser les militants. Mais ce qui choque, c’est qu’ils semblent avoir choisi d’occulter volontairement certains épisodes récents de leur gouvernance, notamment la présidentielle ratée et le recul aux législatives.

On aura compris que ceux qui semblent prendre le parti en otage ont décidé de passer ces échecs sous silence pour pérenniser leur règne à la tête du parti, au détriment d’un véritable débat sur l’état des lieux et les solutions à envisager. La feuille de route issue de cette réflexion entre proches, qui ne peut se substituer à un Bureau politique en bonne et due forme, ne rassure pas. Bien au contraire, elle laisse penser que la situation au PDCI-RDA risque de s’aggraver et qu’un sursaut interne s’impose.

Mesdames et Messieurs,

Au regard de ce bilan qui nous mène vers des lendemains de plus en plus incertains, nous vous avons conviés ici pour annoncer une ère nouvelle : celle d’une réforme interne visant à ramener le PDCI-RDA à ses fondamentaux.

Aujourd’hui, nous sommes devant vous pour annoncer la création d’un courant au sein du PDCI-RDA : le mouvement « Héritiers pour la Démocratie et la Légalité » (HDL PDCI-RDA).

Ce courant n’est ni une dissidence ni une rupture. Il est un acte de responsabilité interne.

Face aux dysfonctionnements constatés — centralisation excessive, affaiblissement des organes statutaires, recul du débat démocratique, multiplication des dérives — nous avons fait un choix clair : agir, mais agir dans le cadre du parti. Nous ne sommes pas contre le PDCI-RDA. Nous ne marchons pas contre lui. Nous agissons pour son redressement.

Notre ambition est simple et exigeante : restaurer la démocratie interne, garantir le respect des textes, redonner toute leur place aux instances du parti, préserver l’unité et la cohésion des militants, et renforcer la crédibilité du PDCI-RDA sur la scène nationale.

Nous croyons qu’un grand parti ne se fragilise pas par le débat. Au contraire, il se renforce par la confrontation d’idées, dans la transparence et le respect des règles. C’est cela le dialogue, la concertation et la démocratie voulus par les pères fondateurs, feu les présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié.

Mesdames et Messieurs,

Nous ne voulons pas nous rendre complices de la disparition du PDCI-RDA par notre silence et notre inaction. C’est pourquoi nous avons décidé de passer du silence à l’action.

Notre démarche repose sur une conviction profonde : on ne reconstruit pas un parti par la rupture, mais par la réforme. C’est pourquoi notre ligne est claire : exister partout, agir avec méthode et rester fermement ancrés dans la légalité statutaire.

Nous refuserons les attaques personnelles, les logiques de division et toute instrumentalisation du parti.

Nous privilégierons le dialogue, la concertation, la responsabilité et l’intérêt collectif.

Chers militants,

Le courant HDL PDCI-RDA est avant tout un appel à la mobilisation. Un appel à celles et ceux qui croient encore en un parti fort, organisé, respectueux de ses textes et de ses militants. Un appel à celles et ceux qui veulent participer, s’exprimer et construire l’avenir du PDCI-RDA dans la dignité.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes à un tournant. L’histoire nous regarde. Et les militants nous attendent. Nous avons fait le choix du courage politique, mais aussi celui de la discipline et de la responsabilité.

Les Héritiers pour la Démocratie et la Légalité seront des gardiens des principes, des bâtisseurs d’unité et des artisans du renouveau.

Je terminerai par ces mots :

Le PDCI-RDA d’Houphouët-Boigny et de Henri Konan Bédié est plus qu’un parti. C’est une histoire. C’est une espérance. C’est un héritage.

Et cet héritage, nous avons le devoir de le préserver, de le renforcer, de le faire prospérer et de le transmettre.

Je vous remercie.

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