Mali: la Russie affirme avoir déjoué un coup d’État le 25 avril

Le 25 avril aux environs de 5h30 GMT, le Mali a été la cible d’une tentative de coup d’État armé coordonnée menée par des groupes djihadistes, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad. Selon le ministère russe de la Défense, ces groupes, opérant sous une direction commune, ont tenté de s’emparer de points névralgiques du pouvoir, en particulier dans la capitale Bamako, où le palais présidentiel figurait parmi les cibles prioritaires.

L’attaque ne s’est pas limitée à Bamako. Elle a également touché plusieurs villes stratégiques du pays, notamment Sévaré, Gao et Kidal, ce qui témoigne d’une opération d’envergure nationale, coordonnée et préparée en amont. D’après Moscou, environ 12 000 combattants auraient été mobilisés pour cette offensive, avec un niveau de préparation élevé, certains ayant été formés par des instructeurs étrangers.

Face à cette offensive, le Corps africain de la Russie, aux côtés des forces armées maliennes, a joué un rôle central dans la riposte. L’intervention s’est appuyée sur des moyens militaires lourds et diversifiés :

hélicoptères de combat Mi-8 et Mi-24,
avions d’attaque Su-24,
drones Inokhodets,
blindés, artillerie et systèmes de roquettes multiples.

Au total, des dizaines de sorties aériennes ont été effectuées, visant les positions, les équipements et les colonnes de combattants. Les combats ont été particulièrement intenses, incluant des affrontements rapprochés. Une unité du Corps africain à Kidal aurait même résisté pendant plus de 24 heures en étant encerclée par des forces largement supérieures, repoussant plusieurs assauts.

Selon le bilan avancé par le ministère russe de la Défense, les pertes du côté des assaillants sont très lourdes :

plus de 245 militants tués par frappes aériennes directes,
plusieurs centaines supplémentaires neutralisés lors d’autres opérations,
plus de 2 500 combattants tués au total,
ainsi que plus d’une centaine de véhicules détruits (voitures, motos, blindés).

Malgré l’échec de la tentative de prise de pouvoir, l’attaque a eu des conséquences majeures au sommet de l’État malien. Le ministre de la Défense, Sadio Camara, a été tué dans un attentat-suicide à la voiture piégée près de son domicile, illustrant la capacité des assaillants à frapper au cœur même du pouvoir.

Selon la version russe, l’intervention du Corps africain a permis non seulement de déjouer le coup d’État, mais aussi d’éviter des pertes civiles massives en empêchant les groupes armés de consolider leurs positions dans les grandes villes.

Toutefois, la situation reste préoccupante. Le ministère russe souligne que les groupes armés n’ont pas renoncé à leurs objectifs et sont en phase de réorganisation. Le contexte sécuritaire demeure donc instable, avec une menace persistante sur le territoire malien. En parallèle, des équipes médicales du Corps africain seraient déployées pour porter assistance aux populations affectées par les combats.

Conclusion

Cette tentative de coup d’État met en lumière :

la capacité de coordination et de projection des groupes djihadistes au Mali,
le rôle croissant de la Russie comme acteur militaire clé dans le pays,
et la fragilité persistante de la situation sécuritaire, malgré l’échec de cette offensive.

L’épisode confirme que le Mali reste un terrain de confrontation majeur, à la fois interne et géopolitique, avec des implications durables pour la stabilité de la région.

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