Saint-Denis: le nouveau maire Bally Bagayoko mobilise des milliers de personnes contre le racisme

À Saint-Denis, le nouveau maire Bally Bagayoko a réussi une démonstration de force politique et citoyenne en rassemblant plusieurs milliers de personnes, samedi 4 avril 2026, lors d’un grand meeting contre le racisme, les discriminations et la haine.

Organisé sur le parvis de l’hôtel de ville, ce rassemblement populaire a été lancé à l’initiative de l’élu de La France insoumise, après qu’il a été lui-même la cible d’une campagne de haine à caractère raciste.

Un « SOS » contre la haine et les discriminations

Face à une foule compacte estimée entre 10 000 et 20 000 personnes, Bally Bagayoko a livré un message fort :
« Il s’agit d’un SOS de toutes celles et ceux qui appartiennent à la communauté de destin que nous voulons construire. »

Le maire a dénoncé un climat de plus en plus préoccupant, affirmant incarner, malgré lui, une réalité vécue par de nombreux citoyens issus de l’immigration. « Avant moi, il y a beaucoup d’habitants et d’habitantes qui en ont été victimes », a-t-il rappelé.

Dans une ambiance à la fois calme, musicale et engagée, les manifestants ont exprimé leur attachement aux valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Une forte mobilisation politique… mais incomplète

Plusieurs figures de la gauche française ont répondu présentes, dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou. Le maire socialiste de Saint-Ouen-sur-Seine, Karim Bouamrane, était lui aussi présent, « pour soutenir personnellement Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, victime d’actes racistes, et lui témoigner ma solidarité… ». 

Jean-Luc Mélenchon a salué une initiative « nécessaire » dans un contexte qu’il qualifie de tournant historique :
« Une vague de racisme écœurant venant des élites politico-médiatiques s’est exprimée sans retenue. »

Toutefois, plusieurs responsables politiques étaient absents, notamment Olivier Faure et Fabien Roussel.
La dirigeante écologiste Marine Tondelier n’a pas pu faire le déplacement pour raisons médicales.

Polémique médiatique et réponse judiciaire

Ce rassemblement fait suite à des propos controversés diffusés sur la chaîne CNews, que Bally Bagayoko juge racistes. La chaîne conteste toute dérive et évoque une polémique amplifiée sur les réseaux sociaux.

Face à la gravité des accusations, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ».

Un appel au-delà des clivages politiques

Malgré l’absence de certains responsables et membres du gouvernement, Bally Bagayoko a insisté sur la portée universelle de la mobilisation : « Ceux qui réduisent cette marche à une étiquette politique sont indignes de ce combat. »

L’élu a également regretté le silence du président Emmanuel Macron, tout en saluant les soutiens, jugés tardifs, de certains membres du gouvernement.

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