Par Fleur Kouadio

La Haute autorité de la communication (HAC) du Gabon a annoncé le 17 février 2026 la suspension immédiate des réseaux sociaux “jusqu’à nouvel ordre”, invoquant la diffusion de fausses informations et des risques de déstabilisation institutionnelle. Cette décision intervient sur fond de contestation sociale contre le pouvoir du président Brice Oligui Nguema.
Suspension des réseaux sociaux au Gabon : une décision sécuritaire controversée
La Haute autorité de la communication (HAC) gabonaise a annoncé mardi 17 février la suspension immédiate des réseaux sociaux sur l’ensemble du territoire, sans préciser les plateformes concernées. L’institution affirme vouloir prévenir la propagation de contenus « diffamatoires, haineux » ou de « fausses informations » susceptibles de provoquer des « conflits sociaux » ou de menacer la stabilité des institutions.
Dans son communiqué diffusé sur la chaîne publique Gabon 1ère, le porte-parole Jean-Claude Mendome a dénoncé l’« absence de modération » des plateformes et la divulgation de données personnelles en ligne. Pourtant, selon une journaliste de l’AFP présente à Libreville, la suspension n’était pas effective dans la nuit du 17 au 18 février.
Contexte : grève des enseignants et premières contestations sous Oligui Nguema
Cette annonce intervient dans un climat social tendu. Depuis janvier, une grève d’enseignants touche plusieurs régions du Gabon, constituant la première vague de contestation notable depuis l’arrivée au pouvoir du président de transition Brice Oligui Nguema après le coup d’État d’août 2023.
Pour de nombreux observateurs, la décision de la HAC s’inscrit dans une stratégie de contrôle de l’information en période de tensions politiques. Des mesures similaires ont été observées dans d’autres pays africains lors de crises électorales ou sociales.
Un enjeu régional : désinformation et régulation numérique en Afrique de l’Ouest
Vu depuis la Côte d’Ivoire, où les autorités privilégient la régulation ciblée plutôt que les coupures générales, la décision gabonaise relance le débat sur l’équilibre entre lutte contre la désinformation et respect des libertés numériques. À l’approche de plusieurs échéances politiques en Afrique centrale et de l’Ouest, la gestion des réseaux sociaux apparaît plus que jamais comme un enjeu de gouvernance.
La mise en œuvre effective , ou non , de cette suspension au Gabon sera donc scrutée, tant pour ses implications internes que pour son impact sur les politiques numériques en Afrique.
F. Kouadio
Cap’Ivoire Info / @CapIvoire_Info






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