
Son élection était attendue depuis que le Président de la République, Alassane Ouattara, l’avait désigné comme candidat du RHDP au perchoir. Sans surprise donc, Patrick Achi a été élu président de l’Assemblée nationale à l’issue du vote intervenu lors de la première session de la nouvelle législature. Le candidat du parti au pouvoir s’est imposé face à Yao Yao Lazard, député PDCI-RDA de Buyo, dans un scrutin marqué par une forte mobilisation des élus.
Sur les 253 députés que compte l’actuelle législature, les 253 ont pris part au vote, témoignant de l’importance accordée à cette élection inaugurale. Le scrutin s’est déroulé sous la présidence du doyen d’âge, Mamadou Diawara, conformément aux usages parlementaires.
Au terme du dépouillement, Patrick Achi a recueilli 215 voix, soit 85 % des suffrages exprimés, contre 36 voix (14,23 %) pour son adversaire Yao Yao Lazard. Deux bulletins ont été déclarés nuls ou blancs.

Initialement, trois candidatures avaient été annoncées. Toutefois, Gnonka Ange, député indépendant, a finalement retiré sa candidature, laissant en lice deux prétendants officiellement validés : Patrick Achi (RHDP) et Yao Yao Lazard (PDCI-RDA).
Dans son adresse à l’hémicycle, le candidat du PDCI-RDA a défendu une ligne politique claire : faire de l’Assemblée nationale une institution véritablement indépendante, refusant qu’elle soit une « caisse de résonance de l’Exécutif ». Il a également insisté sur la protection de l’immunité parlementaire et le respect des prérogatives des députés.
De son côté, la candidature de Patrick Achi a été officiellement présentée par le ministre Mamadou Touré, qui a mis en avant le parcours politique et administratif de l’ancien Premier ministre. Ministre à plusieurs reprises depuis 2011, ancien président de conseil régional, Patrick Achi est décrit comme un homme d’expérience, rompu aux exigences de l’action publique.
La séance a également été marquée par la présence remarquée du président sortant, Adama Bictogo, député de Yopougon, symbole de la continuité institutionnelle au sein de l’hémicycle.
Par ailleurs, des observations ont été formulées par certains élus, notamment Blessy, concernant la situation de plusieurs directeurs généraux d’entreprises publiques (Port autonome d’Abidjan, Côte d’Ivoire Énergies, entre autres), estimant qu’une dizaine d’entre eux ne devraient pas siéger, au regard des incompatibilités prévues par la loi.
Selon le doyen d’âge, les députés concernés disposent d’un délai de huit jours pour choisir entre leur fonction administrative et leur mandat parlementaire.
Avec l’élection de Patrick Achi, l’Assemblée nationale ouvre ainsi une nouvelle page de sa vie institutionnelle, dans un contexte où les enjeux d’indépendance, de gouvernance et d’équilibre des pouvoirs demeurent au cœur du débat politique.
Il convient de rappeler que les élections législatives du 27 décembre dernier ont été boycottées par le PPA-CI de Laurent Gbagbo, qui estimait que les conditions d’une élection transparente et équitable n’étaient pas réunies.






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