Législatives 2025 : l’ADCI pointe des irrégularités et plaide pour une réforme de la CEI

Le mouvement politique Aujourd’hui et demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) a exprimé, mercredi 14 janvier 2026, de graves préoccupations concernant le déroulement de l’élection législative du 27 décembre 2025 et le traitement du contentieux électoral par les institutions compétentes.

Dans une déclaration lue par son secrétaire exécutif, Roger Youan, l’ADCI a reconnu sa défaite électorale. Il souligne n’avoir obtenu aucun siège obtenu sur les 47 candidats présentés et dit assumer ses faiblesses internes liées à sa jeunesse organisationnelle et à des moyens limités. Le mouvement estime toutefois que ces facteurs ne suffisent pas à expliquer les résultats du scrutin.

« L’ADCI dénonce un contexte électoral marqué par des pratiques d’achat de votes, des pressions sur les électeurs et les candidats, des violences localisées, des délocalisations de bureaux de vote, ainsi que des cas présumés de détention frauduleuse de cartes d’électeurs, notamment dans la circonscription de Tiassalé », a ajouté Roger Youan.

Le mouvement s’inquiète également de l’effondrement du taux de participation dans les grandes zones urbaines, en particulier à Abidjan, où la participation aurait oscillé entre 10 et 24 %, “un niveau jugé historiquement bas et révélateur d’une crise de confiance entre citoyens et processus électoral”.

Sur le plan institutionnel, l’ADCI a fait état de « profondes réserves » quant au traitement des recours introduits par deux de ses candidats devant le Conseil constitutionnel, regrettant notamment l’absence, à ce jour, de décisions motivées officiellement notifiées, ainsi que des interrogations sur le respect du contradictoire et la transparence de la procédure.

Estimant que la Commission électorale indépendante (CEI) ne parvient plus à inspirer la confiance après près de 25 ans d’existence, l’ADCI appelle à sa dissolution et à la mise en place d’un nouvel organe électoral fondé sur des bases « consensuelles, crédibles et inclusives », a renchéri M. Youan.

Malgré ces critiques, a précisé le secrétaire exécutif, le mouvement réaffirme son attachement aux institutions républicaines, condamne toute forme de violence ou d’intimidation politique et réitère son engagement en faveur de réformes électorales, d’une citoyenneté active et d’un changement démocratique pacifique.

L’ADCI a enfin salué l’engagement de ses militants et a rendu hommage à son président, Assalé Tiémoko Antoine, tout en appelant les Ivoiriennes et les Ivoiriens à poursuivre le combat civique pour la justice sociale, la transparence et le renouvellement de la classe politique.

Selon la CEI, l’élection législative du 27 décembre 2025 a enregistré un taux de participation de 35,04%.

Sur le plan de la répartition provisoire des sièges à l’Assemblée nationale, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, parti au pouvoir) est arrivé largement en tête avec 197 sièges remportés dans 155 circonscriptions électorales. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) a obtenu 32 sièges dans 25 circonscriptions.

Les candidats sans étiquette politique ou indépendants ont remporté 23 sièges répartis dans 22 circonscriptions. Le Front populaire ivoirien (FPI) a décroché pour sa part un siège, tout comme le parti « Le buffle » et « UNPR », crédités chacun d’une circonscription.

A l’issue du contentieux, le Conseil constitutionnel a annulé les résultats des élections et ordonné leur reprise dans deux circonscriptions électorale notamment, la circonscription n°021, Toumodi, commune, et la circonscription n°204, Duala et Massala, commune et sous-préfecture.

(AIP)

sn/zaar

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire