C’est une manœuvre politique de très haut niveau qui se dessine au sommet de l’État ivoirien. Selon nos informations, Patrick Achi a été choisi par le président Alassane Ouattara pour conduire une séquence institutionnelle décisive : préparer, par des réformes constitutionnelles ciblées, l’élévation de Téné Brahima Ouattara à la présidence de l’Assemblée nationale, faisant de ce dernier le dauphin constitutionnel du régime.
L’ancien Premier ministre devrait ainsi succéder à Adama Bictogo au perchoir. L’élection est annoncée pour ce samedi 17 janvier.
Un choix stratégique du chef de l’État
L’annonce aurait été faite le 15 janvier à Abidjan, lors d’une réunion du présidium du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Alassane Ouattara aurait personnellement désigné Patrick Achi comme candidat du parti au pouvoir à la présidence de l’Assemblée nationale, poste stratégique dans l’architecture institutionnelle ivoirienne.
Ce choix n’est pas anodin. Technocrate aguerri, fin connaisseur des rouages de l’État et homme de confiance du chef de l’État, Patrick Achi apparaît comme le profil idéal pour piloter une phase de réajustement institutionnel sensible, à forte portée politique.
Une Assemblée nationale verrouillée par le RHDP
Cette recomposition intervient dans un contexte de domination parlementaire quasi totale du RHDP. Deux mois après la large réélection d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre 2025, le parti présidentiel a confirmé son hégémonie lors des législatives du 27 décembre, remportant 197 sièges sur 255, soit une progression notable par rapport à la précédente législature.
À ce socle solide pourraient s’ajouter certains des 23 députés indépendants élus, renforçant encore la capacité du pouvoir à faire adopter d’éventuelles réformes constitutionnelles ou organiques.
Patrick Achi, l’homme du système Ouattara
Écarté de la primature en octobre 2023 au profit de Robert Beugré Mambé, Patrick Achi n’a jamais quitté le premier cercle du pouvoir. Ancien secrétaire général de la présidence, il a poursuivi une carrière internationale comme consultant pour la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), tout en dispensant des cours à l’université de Harvard.
Début 2025, il a été rappelé au cœur du dispositif présidentiel comme ministre d’État, conseiller spécial du président, confirmant la confiance intacte que lui accorde Alassane Ouattara. Transfuge du PDCI, Patrick Achi est par ailleurs député et président du conseil régional de la Mé.
Vers une succession constitutionnellement balisée ?
Dans l’ordre constitutionnel ivoirien, le président de l’Assemblée nationale occupe une position centrale dans la chaîne de succession. En plaçant un fidèle stratège au perchoir, puis en préparant l’accession de Téné Brahima Ouattara à cette fonction, le régime pourrait ainsi sécuriser une transition politique maîtrisée, tout en respectant formellement le cadre institutionnel.
Si elle se confirme, cette opération marquerait une nouvelle étape dans la consolidation du système Ouattara, où la technocratie, le contrôle parlementaire et l’ingénierie constitutionnelle s’articulent au service d’une succession soigneusement préparée.






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