On entend certains s’acharner contre Charles Blé Goudé, l’accusant de s’être « vendu » avant son retour en Côte d’Ivoire en 2022. Pourtant, ces mêmes détracteurs — souvent proches de Nady Bamba — feignent d’oublier une réalité incontournable : Laurent Gbagbo lui-même a dû entériner le quatrième mandat d’Alassane Ouattara comme un “fait accompli” pour obtenir son retour au pays en 2021.
Si l’on veut parler de compromis politiques dictés par les rapports de force, alors il faut avoir la cohérence d’appliquer la même lecture à tous. Blé Goudé n’a pas innové : il s’est simplement inscrit dans la logique déjà adoptée par son mentor, dans un contexte où tout refus frontal aurait compromis son retour et ravivé les tensions.
D’ailleurs, tout le discours de Laurent Gbagbo autour de la présidentielle de 2025 a été construit sur une rhétorique essentiellement défensive — « empêcher le 4ᵉ mandat » — qui, rétrospectivement, masquait mal la réalité du compromis conclu pour son propre retour. Un compromis négocié, une fois encore, sous l’influence de la même Nady Bamba, dont les comptes, faut-il le rappeler, n’ont jamais « véritablement » été gelés ni par l’Union européenne, ni par la France, ni même par le régime d’Abidjan.
Autrement dit : avant de faire de Blé Goudé le symbole d’un prétendu reniement, il serait bon que certains regardent du côté de ceux qui inspirent leurs critiques — et des arrangements politiques qu’ils préfèrent taire.






Commentaires Facebook