Dette 112% du PIB: Moody’s et Fitch ont fait perdre un peu de leurs illusions à ceux qui croyaient encore aux dogmes de l’industrie mondiale de notations. Le choix du statut-quo par les deux agences sur l’élève France peut s’avérer surprenant, après une cascade de mauvaises nouvelles sur ses finances publiques.
Notes de complaisance et de copinage
Moody’s et Fitch maintiennent la note de la France Malgré la dégradation des comptes publics, les deux agences n’ont pas baissé leurs notations de la dette souveraine de la France.
La dette française, pas loin de dépasser les 3 000 milliards d’euros, a atteint 110,6 % du PIB du pays en 2023, et devrait passer à 112,3 % cette année. Selon Bercy “optimiste?”, elle sera toujours à 112 %… en 2027. Le ministère des Finances français prévoit un déficit public de 5,1 % cette année, contre 4,4 % auparavant. La prévision de croissance passe de 1,4 % à 1 % pour cette année.
Après le traitement de faveur accordé à la France, qui peut encore croire à l’indépendance des agences alors que leur objectivité, le critère scientifique des notations est largement remis en cause depuis plusieurs années ?
Bruno Lemaire content
Moody maintient la notation de la France au niveau Aa2 avec perspective stable. Fitch avait déjà dégradé la note de la France l’an dernier. L’agence n’a pas souhaité enfoncer la France encore plus dans les ennuis. A la grande joie de Bercy, Fitch a laissé inchangée la notation française à AA – , avec perspective stable.
Le dérapage continu des finances publiques françaises laissait pourtant présager des risques de rabaissement des notations. Mais, apparemment, les agences ont préféré faire de la politique politicienne, au risque de lâcher encore plus de crédibilité aux yeux du grand public.
Leur légitimité a d’ailleurs toujours été un problème.
Sylvie Kouamé
Le Billet Eco @Libe> Et si on notait les agences de notation?
Moody’s et Fitch pourraient dégrader la note de la France. Il est temps de remettre en cause leur légitimité et d’assumer la dette pour ce qu’elle est: un puissant levier de l’action publiquehttps://t.co/GpbGkE4w85— J-C Feraud (@JCFeraud) April 25, 2024
On pourrait être tenté par cet argument qui est plutôt beaucoup basé sur des émotions que tout autre chose. L’élément essentiel qui manque est que la France est toujours une puissance industrielle. Et ça seulement ça rassure les marchés et permet au pays d’emprunter à des taux préférentiels. Être une puissance industrielle donne des leviers insoupçonnés pour un pays à faire face à sa dette. Pensez au Japon par exemple. Cela est aussi cimenté par l’euro qui est une monnaie de pointe sur les marchés. Et cette monnaie est gérée indépendamment des frasques des finances publiques françaises (avec la grande Allemagne) qui y veille comme du lait sur le feu.
Ceci etant, c’est la notation aujourd’hui mais cela ne veut pas dire que ça sera la même demain si les finances publiques françaises continuent à se dégrader.
Juste un observateur de passage….