Violences contre les femmes en politique/ Simone, Belmonde, Kandia, Mariatou…principales victimes de propos haineux en ligne (Oidh)

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (Oidh) a rendu publics, mardi à son siège de Riviera Palmeraie, ses résultats d’observation relatifs à la désinformation en ligne et aux cas de violences visant les femmes engagées en politique.

Il ressort du rapport lu par Yannick Anaky que des femmes occupant des postes de responsabilité politiques et/ou adminustratifs sont particulièrement la cible des internautes. « Sur la base d’un échantillon de 148 groupes, pages et profils Facebook, l’Oidh n’a identifié aucun cas de désinformation lié au processus politique en raison probablement de l’actualité sociopolitique relativement calme durant la période d’observation (1er décembre 2021 au 15 janvier 2022). En revanche 85 cas de violences en ligne visant des femmes engagées en politique ont été répertoriés. Ces violences issues de 21 plateformes Facebook ont particulièrement visé dix (10) femmes », indique le rapport.

Il s’agit selon M. Anaki, principalement de violences psychologiques (96,5% des cas) et de violences sexuelles dans 3,5 % des cas. Ces violences, fait valoir le défenseur des droits de l’homme, s’analysent à travers des mots-clés issus de la langue française, de l’argot ivoirien et des langues locales ( djougou, maudia…)

Le rapport de l’Oidh cite la ministre d’état Kandia Camara, la ministre Belmonde Dogo, la proche de Soro Guillaume, Affoussiata Bamba et la ministre Anne Oulotto. Le nombre d’attaques les visant a sensiblement augmenté respectivement de 8%, 6%, 5% et 4% au cours de la période.

« Mesdames Simone Gbagbo et Odette Lorougnon ont, pour leur part, connu une réduction du nombre de violences en ligne respectivement de 3% et 15%. Mme Fleur Aké M’Bo quant à elle, reste à 2% », mentionne le rapport.

Généralement Kandia est critiquée pour son inculture quand Belmonde l’est sur sa situation matrimoniale. Simone Gbagbo est invectivée sur sa situation matrimoniale et tous ses faits et gestes sont réduits à un chagrin d’amour par les internautes, selon l’observation de l’Oidh.

Tout en soulignant que de tels comportements peuvent avoir un effet de démotivation sur les personnes visées, ainsi atteintes dans leurs droits, l’organisation a fait des recommandations. Entre autres :

– soutenir les initiatives de lutte contre les violences faites aux femmes en politique
– veiller scrupuleusement à une modération des contenus publiés sur les fora de discussion à l’effet de censurer les publications incitant à la violence, à la haine, à la xénophobie…

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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