Côte d’Ivoire: la commission de dialogue tente de redonner espoir à l’ouest du pays, martyrisé par la guerre (SYNTHESE)

ABIDJAN (Xinhua) – Le président de la Commission Dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) Charles Konan Banny vient d’achever une tournée dans les départements de Bangolo, Duékoué et Guiglo dans l’ouest du pays, une région qui a énormément souffert des conflits armés successifs qui ont secoué le pays.

M. Banny qui a tenu à exprimer sa compassion aux populations s’ est dit “affligé” par les “nombreux massacres” perpétrés dans cette partie de la Côte d’Ivoire depuis le déclenchement de la crise armée en 2002.

“Ce qui s’est passé ces dix dernières années dans le pays est humainement inconcevable”, a estimé le principal responsable de la commission chargée de ramener une paix définitive dans le pays.

La côte d’Ivoire a vécu des atrocités au plus fort de la crise qui ont jeté l’émoi au sein de la communauté nationale et internationale.

Lors d’un message à la Nation, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara avait fait la promesse à ses concitoyens de faire la lumière sur la page sanglante qu’a connu le pays.

A l’instar des dirigeants du pays, le président de la CDVR s’est aussi engagé à faire triompher la vérité sur ce qui s’est réellement passé pendant les moments de crise, et sur les auteurs des exactions ainsi que les raisons qui les ont motivés.

“Le moyen que nous allons utiliser est le dialogue”, précise M. Banny, notant que dans ce processus les responsabilités individuelles seront dégagées, les responsables identifiés et sanctionnés selon la rigueur de la loi “quel que soit leur statut”.

Dénonçant l’usage de la force brutale, celui-ci a soutenu que rien de durable ne peut se construire sur les ruines, sur le mensonge ou sur la violence.

A l’en croire, il faut recoller les morceaux de la Côte d’ Ivoire et faire preuve d’imagination et de persévérance pour trouver la solution aux blessures des populations meurtries de l’ ouest.

Charles Konan Banny a ainsi plaidé pour la réparation des torts et la réhabilitation des personnes spoliées et privées de leurs droits par la force.

De l’avis du président de la CDVR, l’heure de la réconciliation a sonné, raison pour laquelle il a demandé aux populations meurtries par la “barbarie” de pardonner à leurs bourreaux.

“Toute politique qui envisage de faire sortir la Côte d’Ivoire de l’ornière doit d’abord poser les bases de la cohésion sociale et de la reconstruction nationale”, relève-t-il.

La Côte d’Ivoire tente de retrouver la normalité après une grave crise post-électorale qui a secoué le pays cinq mois durant, faisant plus de 3.000 morts et un million de déplacés.

L’ouest ivoirien a payé un lourd tribut à cette crise et aux autres conflits qui l’ont précédé, notamment la crise militaro- politique de 2002 entre une rébellion armée et l’armée gouvernementale, amenant les observateurs à la qualifier de ” région martyre”.

La réconciliation nationale se présente comme un défi majeur pour les populations et pour les nouvelles autorités ivoiriennes.

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