Le représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès des Organisations internationales de produits de base, Aly Touré, a appelé, lundi 26 octobre 2026 à New York, à une répartition plus équitable des revenus du cacao. Il intervenait au Forum africain sur le financement et l’investissement dans le cacao (ACFIF), en qualité de porte-parole des pays producteurs à l’Organisation internationale du cacao (ICCO).
Face à la forte baisse des cours mondiaux observée depuis le début de l’année, le diplomate a souligné la vulnérabilité des exploitants. Selon lui, une rémunération décente constitue une condition indispensable pour moderniser les plantations, préserver les forêts et lutter contre le travail des enfants.
Aly Touré a également défendu le développement de la transformation locale afin de permettre aux pays producteurs de capter davantage de valeur et de créer des emplois. Selon les estimations citées dans son intervention, l’Afrique fournit environ 70 à 75 % des fèves mondiales, mais ne recueille que 5 à 6 % de la valeur du marché du chocolat.
Le porte-parole des pays producteurs a enfin appelé à faciliter l’accès aux marchés, à renforcer la recherche et à mobiliser des financements adaptés au changement climatique. Pour lui, les planteurs ne doivent pas supporter seuls le coût de la transition vers une production durable.

Permanent Representation of Côte d’Ivoire
to International Commodity Organizations
33 Cavendish Square,
London W1G 0PW
AFRICA COCOA FINANCE & INVESTMENT FORUM (ACFIF)
26 October 2026, 48 Wall Street, New York – USA
CONSTRUIRE L'AVENIR DU CACAO : RENFORCER LES REVENUS DES
AGRICULTEURS, LA VALEUR AJOUTÉE ET LES PARTENARIATS
INTERNATIONAUX
Déclaration de SEM Aly Touré, Représentant Permanent de la Côte d’Ivoire auprès des
Organisations Internationales de Produits de Base ; Porte-Parole des Pays Producteurs de
Cacao à l’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) au Forum sur le financement et
l’Investissement dans le Cacao (ACFIF)
SEM Tiémoko Moriko, Ambassadeur, Représentant Permanent de la République de
Côte d’Ivoire à l’ONU
Excellence Ben Dotsei Malor, Représentant Permanent Adjoint du Ghana à l’ONU
Dr Ransford Anertey, Directeur Général du Ghana Cocoa Board,
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Mesdames, Messieurs, en vos rangs, grades, et qualités
Les pays producteurs de cacao ont constaté avec inquiétude que la forte correction des
prix mondiaux du cacao, observée depuis le début de l’année 2026, fait suite à une
période de tensions exceptionnelles sur le marché international, caractérisée par une
hausse sans précédent des prix, principalement due à une contraction significative de
l’offre mondiale. L’amélioration progressive des perspectives de production dans
plusieurs pays producteurs ne saurait expliquer à elle seule l’ampleur de la récente
baisse des prix.
Nous avons identifié plusieurs facteurs susceptibles d’avoir contribué à cette évolution.
On peut citer notamment un ralentissement de la demande sur certains marchés de
consommation, une baisse des activités de broyage dans diverses régions, des
incertitudes économiques affectant le pouvoir d’achat des consommateurs, ainsi que
des changements dans les stratégies d’approvisionnement et de formulation adoptées
par certains acteurs industriels. Des fluctuations ont également été observées sur les
marchés financiers et à terme.
Nous estimons que ces évolutions méritent d’être approfondies avec l’ensemble des
parties prenantes du secteur afin de mieux comprendre le rôle respectif des
fondamentaux physiques et de la dynamique du marché dans la récente formation des
prix.
Toutefois, nous pensons que les événements récents ont mis en évidence la
vulnérabilité persistante de l’économie mondiale du cacao face aux fluctuations
extrêmes des prix, qui fragilisent les producteurs et compromettent les investissements
à long terme ainsi que les efforts en matière de durabilité.
Nous réaffirmons donc notre conviction que l’avenir de la production de cacao doit
reposer sur les trois piliers indissociables de la durabilité : la durabilité économique, qui
garantit aux producteurs des revenus décents et des perspectives d’investissement
durable ; la durabilité sociale, qui favorise l’amélioration des conditions de vie des
communautés rurales, le renouvellement générationnel et le développement des
populations dépendantes de la production de cacao ; et la durabilité environnementale,
qui repose sur la préservation des forêts, de la biodiversité, des ressources naturelles et
des équilibres climatiques, ainsi que sur notre engagement résolu à lutter contre le
travail des enfants et à promouvoir la scolarisation dans les zones rurales productrices
de cacao.
Nous tenons à signaler que ce problème particulier trouve principalement son origine
dans la pauvreté des ménages producteurs et qu’il ne pourra être éliminé qu’en leur
garantissant un revenu suffisant. Aucune politique ne pourra aboutir sans une
rémunération équitable des producteurs.
N'oublions pas que les cacaoculteurs sont non seulement des acteurs clés de l'économie
mondiale, mais aussi les gestionnaires quotidiens de vastes zones rurales abritant des
ressources naturelles vitales pour les générations actuelles et futures.
Nous souhaitons également réaffirmer notre engagement ferme à respecter
scrupuleusement les réglementations environnementales, à promouvoir des politiques
de préservation des ressources naturelles et à contribuer activement à la lutte contre les
effets du changement climatique. Ces engagements doivent être mis en œuvre dans le
respect des droits, des intérêts légitimes et des conditions de vie des producteurs, ainsi
que des attentes des nouvelles générations qui assureront l’avenir du secteur.
Comment construire l’avenir du cacao ?
Tout d’abord, je tiens à vous rappeler qu’environ cinq millions d’agriculteurs à travers
le monde cultivent cette plante formidable. La plupart de ces agriculteurs sont de petits
exploitants dont les moyens de subsistance dépendent presque entièrement des revenus
issus de cette production. La production et le commerce du cacao sont également
essentiels pour les économies des pays exportateurs, car ils génèrent de nombreux
emplois en milieu rural, ainsi que des recettes fiscales et des devises étrangères.
Le cacao s’impose ainsi comme une matière première stratégique en termes de
développement socio-économique et de finances publiques, ce qui en fait un domaine
clé de la coopération internationale.
D’autre part, la production et le commerce mondiaux du cacao sont confrontés à de
nombreux défis. On peut citer notamment les effets du changement climatique, les
maladies du cacao, le vieillissement des vergers, la faible productivité, l’accès limité au
financement, les préoccupations en matière de sécurité alimentaire, l’accès restreint aux
marchés d’exportation et la durabilité environnementale. La liste des défis auxquels
sont confrontées toutes les parties prenantes du secteur, tant en amont qu’en aval, est
tout aussi longue.
Bien que des progrès considérables aient été réalisés pour relever ces défis, il reste
encore beaucoup à faire pour garantir une économie mondiale du cacao durable qui
profite à toutes les parties prenantes, en particulier aux petits exploitants.
Depuis sa création en 1973 pour gérer les premiers accords internationaux sur le cacao
et ceux qui leur ont succédé, l’Organisation internationale du cacao (ICCO) offre une
plateforme visant à promouvoir la coopération entre les pays exportateurs et
importateurs de cacao. Elle favorise ainsi une économie mondiale du cacao solide et
durable, qui contribue au développement économique des pays producteurs. L’ICCO
veille également à ce que les fèves de cacao et les produits dérivés répondent aux
normes rigoureuses de qualité et de sécurité alimentaire des pays consommateurs.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Chers participants au Forum,
Aujourd’hui, permettez-moi de présenter au monde entier la situation des producteurs
et des agriculteurs de cacao. Sans eux, il n’y aurait pas d’industrie du cacao, et donc pas
de chocolat ni d’autres produits de confiserie dont les gens raffolent partout dans le
monde.
Dans cette optique, je tiens à mettre en avant quatre priorités principales sur lesquelles
il convient de nous concentrer.
PREMIÈRE PRIORITÉ : UN REVENU DÉCENT POUR LES
CACAOCULTEURS
Nous sommes tous d'accord pour dire que les producteurs de cacao travaillent très dur
pour cultiver cette denrée, historiquement connue sous le nom de « nourriture des dieux
». Malheureusement, beaucoup d’entre eux vivent encore sous le seuil de pauvreté.
Nous devons donc redoubler d'efforts pour changer cette situation.
Depuis trop longtemps, les acteurs du secteur se sont davantage concentrés sur la
durabilité sociale et environnementale de la production de cacao que sur la durabilité
économique, qui constitue pourtant un pilier fondamental du développement durable. Il
est essentiel de veiller à ce que les producteurs bénéficient de prix justes et
rémunérateurs. Bien que nous reconnussions et apprécions les efforts qui ont été
déployés dans ce sens, il reste encore beaucoup à faire, et ce rapidement et
efficacement.
Certes, les cacaoculteurs doivent recevoir des prix équitables pour leurs produits ; Mais
ils doivent percevoir un prix qui leur assure un revenu décent et leur permette de vivre
dignement. Nous savons que c’est possible. C’est à notre portée.
Malheureusement, il importe de reconnaître également que des prix élevés ne
suffiraient pas à eux seuls à combler l’écart de revenus dont souffrent les cacaoculteurs.
Nous devons aussi renforcer leur capacité à générer des revenus à partir d’autres
sources. Avec votre soutien, nous pouvons y parvenir en prenant les mesures ci-après :
A – Garantir un revenu équitable et durable aux cacaoculteurs
Nous avons réaffirmé que l’amélioration durable des revenus des cacaoculteurs était
une condition préalable à la viabilité du secteur du cacao et à la réussite de toute
politique de développement durable. Ceux-ci ont droit à une part équitable de la valeur
créée tout au long de la chaîne, proportionnelle à la qualité et aux caractéristiques du
produit qu’ils permettent de fabriquer. Il est important de noter que cette rémunération
doit refléter la valeur marchande du cacao et pas seulement les conditions économiques
du pays d’origine.
Par conséquent, nous encourageons la poursuite d’initiatives visant à renforcer la
résilience économique des producteurs et à promouvoir une répartition plus équilibrée
de la valeur créée tout au long de la chaîne d'approvisionnement. Nous considérons
également que la stabilité et la prévisibilité des revenus des producteurs sont
essentielles pour permettre les investissements nécessaires à une productivité durable, à
l'amélioration de la qualité, au respect des normes environnementales et à la
modernisation des exploitations agricoles.
B. Augmentation de la consommation mondiale de cacao
Nous encourageons les initiatives visant à promouvoir la consommation de cacao et de
produits à base de chocolat, en particulier sur les marchés émergents qui présentent un
fort potentiel de croissance. Nous soulignons également l’importance d’une action
coordonnée pour sensibiliser les consommateurs aux qualités nutritionnelles, culturelles
et gastronomiques du cacao.
Une évolution équilibrée de la demande mondiale est essentielle pour renforcer la
stabilité du marché et garantir des revenus durables aux producteurs.
C. Promotion de la transformation dans les pays producteurs
Conformément à leurs priorités et capacités respectives, les pays producteurs
recommandent le développement progressif de leurs capacités de transformation locales
en vue de renforcer la création de valeur, favoriser l’industrialisation, soutenir l’emploi
et d’encourager les investissements public-privé dans les infrastructures, l’accès à
l’énergie, la logistique, la formation et les conditions de compétitivité nécessaires à la
mise en place d’industries de transformation efficaces dans leurs pays d’origine.
La transformation locale constitue en effet un levier stratégique pour la diversification
économique, le développement des compétences industrielles et une meilleure
intégration des pays producteurs dans la chaîne de valeur mondiale du cacao.
DEUXIÈME PRIORITÉ : RÉPARTITION ÉQUITABLE DE LA VALEUR
Les producteurs de cacao sont les poules aux œufs d’or du secteur. Mais quelle part de
la valeur totale de la filière leur revient-elle ? Le chiffre généralement avancé est
inférieur à 10 %. Cela doit changer, et nous pouvons travailler ensemble pour en faire
une priorité. Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un enjeu complexe, mais cela ne doit pas
nous empêcher d’essayer d’y remédier.
Dans la chaîne de valeur du cacao, la valeur ajoutée est plus importante en aval qu’en
amont. Les pays producteurs de cacao doivent redoubler d’efforts pour valoriser les
fèves, notamment en les transformant localement pour produire du chocolat et d’autres
produits transformés. Cela leur permettrait de conquérir une part plus importante du
marché mondial.
Pour y parvenir, nous devrons renforcer le dialogue entre les secteurs public et privé.
A. Renforcement du dialogue avec l’Industrie et le Secteur Privé
Conscients du rôle essentiel joué par l’industrie du chocolat, ses transformateurs, ses
négociants, ses distributeurs et tous les autres acteurs du secteur privé dans le
développement de l’économie mondiale du cacao, nous réaffirmons notre engagement à
poursuivre un dialogue ouvert, constructif et régulier avec ces partenaires afin de
trouver des solutions durables aux défis auxquels le secteur est confronté.
Nous sommes convaincus que la stabilité du marché, une rémunération équitable des
producteurs, des pratiques commerciales transparentes, la qualité des produits et une
production durable sont des objectifs communs aux pays producteurs et aux pays
consommateurs ainsi qu’aux acteurs responsables de l’industrie. C’est pourquoi nous
appelons à un partenariat renouvelé avec le secteur privé, fondé sur la confiance, la
responsabilité, la transparence et la reconnaissance du rôle central des producteurs dans
la création de valeur.
TROISIÈME PRIORITÉ : RÉDUCTION DES OBSTACLES AU COMMERCE ET AMÉLIORATION
DE L'ACCÈS AUX MARCHÉS
L’exportation de fèves de cacao et de produits dérivés se heurte encore à des obstacles
tarifaires et, surtout, non tarifaires dans la plupart des pays importateurs. Tout en
reconnaissant le droit souverain des États d’imposer des conditions à l’entrée de
produits alimentaires sur leur territoire, ces conditions devraient être mises en œuvre de
manière à minimiser leur impact sur les prix du cacao et les revenus des producteurs.
Or, nous assistons à une augmentation préoccupante des barrières non tarifaires,
notamment en matière de sécurité alimentaire.
Pour ce faire, ces deux mesures ci-après peuvent être prises :
A. Renforcer la transparence et la connaissance du marché
Nous estimons qu'une plus grande transparence des données et des analyses est
essentielle pour anticiper les crises, limiter l'impact d'une volatilité excessive, éclairer
les politiques publiques et orienter les décisions du secteur privé.
B. Préserver l’intégrité du marché du cacao et du chocolat
Nous réaffirmons notre engagement à respecter les législations nationales, régionales et
internationales visant à protéger les consommateurs contre toute information ou
présentation trompeuse concernant la qualité, la composition, le contenu ou la nature
des produits qu’ils consomment.
À cet égard, nous soulignons l’importance particulière qu’il convient d’accorder à une
utilisation équitable, transparente et strictement conforme de la dénomination «
chocolat », dont la crédibilité repose sur la confiance des consommateurs et le respect
des matières premières qui le composent.
Tout en reconnaissant l'engagement de la grande majorité des acteurs du secteur, nous
estimons qu'il est nécessaire de rester particulièrement vigilants face aux pratiques qui
pourraient amener les consommateurs concernés à s'interroger sur la teneur en cacao ou
la conformité des produits aux exigences applicables en matière de chocolat.
Nous reconnaissons que ces situations sont le fait d’une minorité et doivent être traitées
avec rigueur, conformément aux procédures et à la législation en vigueur. C’est la
raison pour laquelle nous saluons le rôle essentiel joué par les autorités compétentes, les
organismes de régulation et les associations de consommateurs dont la vigilance
contribue activement à la protection du public, au commerce équitable et à la
préservation de l’intégrité du marché.
À cet égard, les Membres producteurs de l’ICCO recommandent de renforcer la
vigilance et la transparence, et de mettre en place, si nécessaire, une législation et des
mécanismes de contrôle visant à protéger les consommateurs contre les pratiques
trompeuses concernant les produits présentés comme du chocolat ou des produits
similaires.
Nous considérons également que la protection des consommateurs, l’information loyale
et la défense de l’intégrité du chocolat sont des objectifs communs aux pays
producteurs et consommateurs, à l’industrie responsable et à tous les acteurs d'une
chaîne de valeur durable.
QUATRIÈME PRIORITÉ : RENFORCER LA RECHERCHE,
L'INNOVATION, L'ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ET LA
COORDINATION INTERNATIONALE
L'objectif est de renforcer la coopération scientifique et technique internationale dans
les domaines de la recherche agricole, de la lutte contre les maladies du cacao, de
l'amélioration génétique, de l'innovation technologique et de l'adaptation au
changement climatique. Cette initiative vise également à encourager les partenariats
entre instituts de recherche, universités, organisations spécialisées, pays producteurs,
industrie et partenaires techniques, afin d'élaborer des solutions concrètes répondant
aux besoins spécifiques des régions productrices.
Il est important de souligner que la recherche doit contribuer à améliorer la
productivité, la qualité, la résilience face au changement climatique et la durabilité
environnementale, tout en restant accessible aux producteurs et adaptée à leurs
capacités opérationnelles.
Deux mesures pourraient être envisagées en ce sens:
A. Renforcement de la coordination internationale des pays producteurs de
cacao
En tant que pays producteurs, nous reconnaissons que les initiatives de coopération
existantes constituent des expériences précieuses sur lesquelles d'autres formes de
collaboration peuvent être développées et adaptées aux réalités spécifiques de chaque
pays et région productrice.
Nous souhaitons promouvoir une représentation plus inclusive et équilibrée de nos
intérêts au sein des discussions internationales sur l’avenir du secteur, tout en prenant
en compte les spécificités de chaque pays, continent et modèle d’organisation du
secteur.
L’objectif de cette coordination internationale est de renforcer la capacité collective des
pays producteurs à dialoguer avec tous les partenaires de la chaîne de valeur, dans un
esprit de responsabilité partagée, de respect mutuel et de coopération constructive.
B. Garantir la durabilité et la résilience de la production
Nous réaffirmons notre engagement à promouvoir une production de cacao durable,
compétitive et résiliente.
Nous réitérons notre détermination à poursuivre des politiques visant à lutter contre la
déforestation, promouvoir l’agroforesterie, restaurer les écosystèmes dégradés,
préserver la biodiversité et à renforcer la résilience des systèmes de production face aux
effets du changement climatique.
Nous soulignons que les ambitions environnementales du secteur doivent
s’accompagner d’une reconnaissance équitable des efforts des producteurs et des pays
producteurs, ainsi que d’un partage équilibré des responsabilités entre tous les acteurs
de la chaîne de valeur.
Enfin, nous devons veiller à ce que la transition vers une production toujours plus
durable s'appuie sur des mécanismes de financement adaptés, une assistance technique,
des formations et un accès aux innovations, afin que les producteurs ne supportent pas
seuls les coûts de cette transformation.
CONCLUSION
L'Afrique représente environ 70 à 75 % de l'offre mondiale de fèves de cacao, mais ne
génère que 5 à 6 % de la valeur marchande mondiale du chocolat, estimée entre 130 et
200 milliards de dollars selon les estimations du marché.
Cependant, la grande majorité des bénéfices revient aux multinationales qui se chargent
de la torréfaction, du broyage, du conditionnement et de la distribution dans les
marchés et supermarchés occidentaux.
Nous sommes convaincus que les défis auxquels l'économie mondiale du cacao est
confrontée ne peuvent être relevés que par le partage des responsabilités, la coopération
internationale et des partenariats équilibrés entre les pays producteurs et
consommateurs, ainsi qu'avec le secteur privé.
Nous réaffirmons notre engagement ferme à œuvrer en faveur d’un secteur du cacao
durable qui concilie les facteurs économiques, sociaux et environnementaux, tout en
respectant l’environnement, les droits et les intérêts légitimes des producteurs, ainsi que
les aspirations des générations futures.
Conformément à cet engagement, les pays producteurs ont l'intention de poursuivre
leurs efforts pour préserver les ressources naturelles, promouvoir une croissance
inclusive et contribuer à la mise en place d'une économie mondiale du cacao plus
résiliente, équitable, transparente et durable, qui profite à tous les acteurs de la chaîne
de valeur.
Enfin, au nom des pays producteurs de cacao de l’ICCO, je voudrais exprimer notre
gratitude aux autorités américaines pour leur accueil chaleureux à New York et pour
leur contribution au bon déroulement du Forum Africain sur le financement et
l’investissement dans le secteur du cacao (ACFIF).
Je tiens à remercier mon frère, Fuad Abubakar Mohammed, coordinateur principal de
l'ACFIF, ainsi que toute son équipe.
Je vous souhaite à tous une conférence fructueuse et des résultats positifs.
New York, Lundi 26 octobre 2026






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