Par Zadi Zadi
Introduction : Du parcours aux lieux de décision
Dans la première libre tribune, j’ai évoqué le parcours du Président Tidjane Thiam et les rencontres personnelles qui m’ont marqué.
Son livre permet d’aller au-delà du récit d’une réussite individuelle. Il présente un homme qui a connu de l’intérieur les pouvoirs politique, économique et financier, du coup d’État à l’exil puis à la direction de grandes institutions. À travers cette trajectoire, c’est un demi-siècle d’histoire africaine et mondiale qui se dessine.
Cette expérience conduit à une interrogation : à quoi le pouvoir doit-il servir ? Le livre nous fait entrer dans des lieux où se prennent des décisions qui façonnent le destin des peuples. Il invite à juger le pouvoir à ses conséquences sur la vie des populations.
I. Le mérite à l’épreuve des barrières et des solutions institutionnelles
Le parcours du President Thiam illustre la force de la formation et du travail. Mais son sous-titre, _Casser des barrières, construire des ponts_, invite à réfléchir aux obstacles qui divisent nos sociétés.
Les talents peuvent-ils s’exprimer lorsque l’accès à l’école et aux responsabilités reste inégalement réparti ? Pour transformer le mérite théorique en réalité pour la jeunesse défavorisée, trois leviers institutionnels s’imposent :
– L’équité territoriale : Réduire les disparités d’accès aux infrastructures scolaires et universitaires entre métropoles et régions intérieures.
– Le soutien structurel : Bourses ciblées et mentorat pour les talents issus des milieux modestes.
– Les passerelles de l’emploi : Relier directement formation académique et besoins réels du marché.
Construire des ponts, c’est créer des liens structurels entre talents et possibilités.
II. La formation et l’éducation : de l’itinéraire individuel à la priorité publique
De l’École polytechnique à l’INSEAD, son parcours montre ce que la formation rend possible. Transformer cette possibilité en perspective pour chaque enfant relève d’un choix politique.
Le 16 octobre, il a martelé : « Éducation, éducation, éducation », comme priorité de tout gouvernement. Aucun pays ne réussit sans investir dans l’éducation. Elle doit aller de pair avec formation professionnelle et insertion, mais aussi santé, eau potable, assainissement, emploi et dignité.
III. De la technocratie à l’adhésion populaire
Le parcours du Président Thiam est marqué par une excellence technocratique internationale. L’enjeu est de connecter cette haute technicité aux urgences du citoyen ordinaire. C’est exactement ce que fait Tidjane Thiam.
Lorsqu’il met l’IDH au centre du débat, il ne parle pas d’un indicateur technique. Il parle de la vie réelle : combien d’années un enfant va à l’école, combien d’années vit une mère, quel revenu a une famille. Il ramène l’économie à l’humain.
Lorsqu’il propose un Fonds souverain alimenté par nos richesses pour financer l’avenir, c’est la même démarche : que la richesse nationale serve le peuple. Le fait que le gouvernement vienne de mettre en place un dispositif similaire montre que l’idée était juste et nécessaire.
IV. Une vision déjà traduite en projet de société
Cette réflexion trouve une traduction dans le travail collectif du PDCI-RDA. Six groupes de travail ont été constitués : capital humain, société, nouvelles technologies, développement durable, économie et équité, paix et sécurité.
Lors de son 18e Bureau politique du 5 avril 2025 à Yamoussoukro, le parti a salué la contribution de plus de 400 cadres militants. Depuis, les travaux ont été achevés et restitués.
J’ai personnellement participé aux travaux du groupe de travail « Paix et Sécurité », sous la conduite de S.E.M. Youssouf Joseph Bamba, ambassadeur, ancien Représentant permanent auprès des Nations Unies à New York. J’ai aussi participé à la restitution des travaux du groupe : à cette occasion, j’ai vu le Président Tidjane Thiam attentif et intéressé par les contributions de ses collaborateurs, illustrant une démarche inclusive qui associe les compétences à la réflexion politique.
En mettant en avant une politique que j’interprète comme « progrès pour tous et le bonheur pour chacun », Tidjane Thiam, Président du PDCI RDA, s’inscrit dans une continuité qui prolonge l’action du Président Henri Konan Bédié, son prédécésseur et fait vivre certains principes de l’héritage houphouëtiste dans le contexte actuel.
Dans le troisième et dernier volet de cette série, à paraître le 24 octobre 2026, je proposerai ma propre grille de lecture des idées qui traversent cette réflexion._
Zadi Zadi
Expert des questions de paix, de sécurité et de gouvernance
Conseiller régional de la Nawa
Cadre du PDCI-RDA






Commentaires Facebook