L’autoroute de contournement d’Abidjan, dénommée Y4, est une infrastructure majeure qui ceinture la capitale. Jalonnée d’échangeurs, elle se subdivise en plusieurs sections. Elle n’est pas totalement achevée. Deux ponts doivent être construits afin qu’elle forme réellement une boucle : le sixième pont d’Abidjan (Cocody-Abatta – Koumassi – Port-Bouët) et le pont sur le canal de Vridi. Ce dernier se trouve sur le tracé devant relier le carrefour de Songon à l’aéroport d’Abidjan, en longeant le bord de mer. Dans l’attente de ces ouvrages, on est simplement émerveillé quand on emprunte l’autoroute de contournement. Le tunnel entre Abobo et Anyama et l’échangeur du côté du stade d’Ebimpé sont impressionnants.
Une autoroute est une artère d’au moins 2 x 2 voies, sans intersection, dont l’accès et les sorties sont possibles grâce à des échangeurs et sur laquelle les véhicules sont autorisés à circuler à grande vitesse. Ainsi, une autoroute est avant tout une voie expresse, une voie rapide. Bien sûr, il existe une limitation de vitesse sur une autoroute. En Côte d’Ivoire, elle est de 120 km/h en zone rurale et de 90 km/h ou 70 km/h en zone urbaine, selon la densité de la population. Généralement, les autoroutes ne traversent pas les centres-villes des agglomérations, mais passent à la lisière de celles-ci. La traversée d’une autoroute est interdite. Aussi, des passerelles piétonnes sont prévues.
Mais l’autoroute de contournement est dépourvue de passerelles piétonnes sur certains de ses tronçons, notamment sur le tronçon Yopougon-Songon. De nombreux dos-d’âne ont été mis en place pour ralentir les véhicules à l’approche des zones peuplées. Le problème, c’est que les véhicules doivent marquer un arrêt pour les franchir. Il y en a environ une vingtaine sur le trajet. Nous sommes sur une voie expresse, donc cela ôte tout confort lorsqu’on circule sur ce tronçon. Certains dos-d’âne se trouvent au bas des côtes. Si les petits véhicules peuvent facilement les franchir, pour les poids lourds, c’est compliqué. Ils doivent freiner depuis le sommet de la côte. Certains ne parviennent pas à s’arrêter complètement et franchissent ces dos-d’âne à une vitesse non nulle, au risque de se renverser.
Une autoroute est une voie rapide. Qu’elle soit autant parsemée de dos-d’âne la dénature totalement. Pour amener les usagers à ralentir lorsqu’ils approchent d’une agglomération, on peut opter pour l’alignement de plusieurs dos-d’âne de faible « hauteur », qui ne nécessitent pas d’arrêter la voiture. Disposés comme des bandes rayées, ils font sautiller la voiture. La sensation est désagréable, mais elle amène le conducteur à ralentir sans devoir s’arrêter. Ce dispositif est installé sur le boulevard de France, entre la Riviera Golf et la voie de Bingerville, dans une forte descente. La voiture sautille sur les bandes, ce qui amène le conducteur à réduire sa vitesse.
Les dos-d’âne sont adaptés aux petites voies qui traversent les quartiers densément peuplés ou passent à proximité des écoles, pas aux voies expresses. Cela n’a aucun sens : c’est une solution archaïque. Ce n’est pas bien réfléchi. L’AGEROUTE doit revoir sa copie sur le tronçon Yopougon-Songon. Une autoroute reste une autoroute : on doit pouvoir aller vite et gagner du temps, bien sûr, dans la limite de vitesse autorisée.
Douglas Mountain
oceanpremier4@gmail.com
Le Cercle des Réflexions Libérales






Commentaires Facebook