La lauréate 2026 du Prix Nobel de la paix est connue. C’est la juriste sud-africaine Navanethem Pillay, ancienne présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda.
Depuis que ce prix a été créé en 1895 et décerné officiellement à partir de 1901, « Navi » est la 111e personnalité et la 19e femme honorée pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international.
Désignée, comme tous les ans, en début octobre (9 octobre 2026), elle recevra son prix, à Oslo, le 10 décembre prochain. Le 10 décembre est la date anniversaire du décès, en 1896, d’Alfred B. Nobel. Ce chimiste et fabricant d’armes est devenu célèbre principalement pour avoir inventé la dynamite et institué le Prix Nobel.
En effet, qualifié de « marchand de la mort », Nobel a légué la quasi-totalité de sa fortune pour fonder ce prix en vue de récompenser des personnes ou des institutions qui rendent de grands services à l’humanité dans divers domaines (paix, physique, chimie, médecine et littérature).
En revanche, Félix Houphouët-Boigny doit faire grise mine et se retourner dans sa tombe. Qualifié « d’apôtre de la paix », il s’est battu pour créer un doublon au Prix Nobel de la paix, sous le parrainage de l’UNESCO. C’est le prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix.
Créé en 1989 et décerné officiellement à partir de 1991, ce prix n’émet pas le tic tac rassurant d’une horloge suisse; perturbé qu’il est par les règlements de compte, les enjeux et autres contextes politiques.
De sa naissance jusqu’en 2010, il n’a pas été décerné à cinq reprises (2001, 2004, 2006, 2009 et 2010), sous le pouvoir de Laurent Gbagbo confronté à une rébellion armée. Les choses n’ont pas changé à l’avènement d’Alassane Ouattara et l’arrivée au pouvoir des héritiers de Houphouët-Boigny, réunis au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
Le rythme s’est, au contraire, accéléré dans un pays en paix. De 2011 à 2024, le prix n’a pas été décerné à huit reprises : 2012, 2014, 2015, 2016, 2018, 2020, 2021 et 2023. C’est un parricide politique exacerbé par les rivalités entre Alassane Ouattara, président de la république, et Henri Konan Bédié, protecteur du prix ayant déserté, avec son parti, le RHDP.
Le 1er août 2023, Bédié rend l’âme et en octobre 2024, Ouattara est nommé protecteur du Prix Houphouët-Boigny. Tous ceux qui ont cru, avec cette double casquette, en une reprise en main pour revigorer le prix, sont gros jean comme devant. En 2025 et 2026, le prix n’est pas décerné.
Et si depuis sa création, 26 personnalités (Carter, Yasser Arafat, François Hollande, Angela Merkel, Abdoulaye Wade notamment) et cinq organisations internationales (dont le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et la Communauté Saint’Egidio) ont été honorées, le Prix Félix Houphouët-Boigny est en état de mort clinique. Tout indique son arrêt de mort.
F. M. Bally






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