C’est depuis Daoukro, terre chargée de mémoire et symbole du PDCI-RDA, que Marshall Balou, président du Réseau d’Entraide Militant (REM), a redéfini la ligne de son mouvement. C’était samedi 10 octobre 2026, dans un contexte de tension où le REM est interdit par la direction du Pdci-Rda d’arborer les insignes du parti.
Face aux militants, il a assumé une ligne de rupture claire avec l’establishment actuel du parti, tout en revendiquant l’héritage.
« Voilà pourquoi le REM existe. Pas pour une place. Pas pour un titre. Pas pour une querelle. Mais pour une idée. » L’idée, martèle-t-il : « la politique doit rapprocher les hommes, pas les éloigner. »

Dans un discours très offensif, Balou dénonce une direction déconnectée de sa base : « On ne reconquiert pas la confiance des Ivoiriens en s’éloignant de ses propres militants. On ne rassemble pas un pays en commençant par diviser sa propre famille. »
Le président du REM se pose en alternative concrète. Sa méthode : l’action, le dialogue et le soutien aux militants. Il l’oppose à ce qu’il qualifie de dérive actuelle où « un militant qui pose une question devient un ennemi » et où « une opinion différente est systématiquement assimilée à une faute disciplinaire. »
Répondant aux critiques sur ses tournées, il ironise : « Certains ont préféré regarder le doigt plutôt que la lune. Quand nous parlions de proximité, certains se sont demandé qui a financé leur déplacement… Une prière qui débute par la danse du Zahouli, et les fidèles restent jusqu’à la fin !? »
Et de lancer : « Pendant que certains comptent les chaises, nous voulons compter les convictions. »
Deux annonces fortes pour structurer l’alternative :
1. Les Cadres de Discussions Militant dans les régions pour régler les conflits entre cadres et militants.
2. Un Conclave de Haut Niveau pour resserrer le fossé creusé par les égos.
Sa profession de foi, fidèle au slogan de Thiam : « faire la politique autrement » : « Où l’on se parle avant de s’écrire. Où l’on écoute avant de sanctionner. Où l’on rassemble avant de diviser. »
Pour Balou, Daoukro doit être le point de départ d’une « régénérescence » : « L’unité ne se décrète pas : elle se construit. »
SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr






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