Le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Yacine Idriss Diallo, a signé, le 6 octobre 2026, une série de décisions installant les vice-présidents, le Comité exécutif, les commissions permanentes et ses conseillers. Plusieurs questions demeurent toutefois en suspens avant l’assemblée générale mixte de décembre.
Après avoir tout validé et informé les uns et les autres, Yacine Idriss Diallo a signé, le 6 octobre 2026, quatre décisions qui dessinent l’architecture de son nouveau mandat. Elles font suite aux élections du 12 septembre 2026.
Un exécutif à la main du président
La décision n°008/2026 nomme cinq vice-présidents, par ordre de préséance : Adam Malik Francis Tohé, premier vice-président, Sié Ouattara, Mamadou Koné, Salif Bictogo, puis Yawa Doubia Rose Yannick Adou Bamba, seule femme du quintette.
Vingt membres du Comité exécutif sont également nommés. La décision modifie celle du 4 mai 2022.
Treize commissions
La décision n°026/2026 installe treize commissions permanentes, en modifiant celle du 6 septembre 2022.
Le président Diallo préside lui-même la Commission des sélections nationales, ce qui lui permet de conserver la main sur les équipes nationales. Malick Tohé conserve, pour sa part, le Marketing, la Communication et les Médias. La Commission des finances continue, elle, de faire l’objet d’un arbitrage.
Dix conseillers spéciaux et onze conseillers
Les décisions n°009/2026 et n°010/2026 nomment respectivement dix conseillers spéciaux et onze conseillers du président, parmi lesquels Dépri Domoraud, Bonaventure Kalou et Ky Tahar.
Quatre conseillers spéciaux étaient initialement envisagés. Ce dépassement ne pose toutefois pas de difficulté particulière, les conseillers n’ayant pas de droit de vote. Il interpelle néanmoins sur l’idée d’une éventuelle modification du nombre de membres du Comité exécutif.
La décision n°010/2026 modifie celle du 16 septembre 2022.
Des incohérences à éclaircir
Les trois décisions n°008, n°009 et n°010/2026 visent toutes des statuts « du 11 juin 2022 modifiés le 29 novembre 2026 », soit une date postérieure de près de deux mois à leur signature, intervenue le 6 octobre 2026.
Il s’agit sans doute d’une coquille, mais celle-ci porte sur le fondement juridique des textes.
Autre curiosité : les décisions n°008, n°009 et n°010 se suivent, tandis que la décision relative aux commissions porte le n°026, sans que l’on sache à quoi correspondent les numéros intermédiaires.
Une liste « alphabétique » à géométrie variable
La décision n°008/2026 précise que les membres du Comité exécutif sont nommés « par ordre alphabétique ». Or, le classement ne suit ni uniformément le nom ni uniformément le prénom.
Six membres sont inscrits avec le prénom en premier — Bamoudien Traoré, Donougo Sylvie Eléonore Touré, Elie Kassebedo, Issouf Blaise Bamba, Youssouf Fadiga et Yssouf Diabaté — tandis que quatorze autres apparaissent avec le nom en premier.
L’ordre ne tient donc que si l’on considère le premier mot tel qu’il est écrit. Issouf Blaise Bamba figure ainsi entre Elie Kassebedo et Bonfils Mah, alors qu’un classement par nom le placerait parmi les premiers.
Un détail de forme, certes, mais qui peut nourrir contestations ou frustrations, précisément dans un contexte où le président a voulu éviter ce type de situation. Selon les explications avancées, il aurait toutefois été tenu compte de l’ordre des noms figurant sur les pièces d’identité des membres, notamment à partir des vice-présidents.
L’AG mixte de décembre 2026, premier test
Les organes désormais en place, les regards se tournent vers l’assemblée générale mixte prévue en décembre 2026.
La date n’est pas encore arrêtée, mais les textes imposent une convocation dans un délai raisonnable.
Cette assemblée générale constituera un premier test pour la nouvelle gouvernance issue du scrutin du 12 septembre.
Le dossier du directeur exécutif toujours en suspens
Le statut du directeur exécutif reste également d’actualité. La décision n°026/2026 en fait le coordonnateur des commissions.
Le principe d’un appel à candidatures demeure. Les partisans du directeur exécutif en place évoquent, de leur côté, d’éventuels droits à lui verser, avec un montant d’indemnisation potentiellement élevé en cas de fin de son CDI.
Diallo et Tohé multiplient les consultations
Après la tournée de remerciements auprès de la tutelle, le vice-premier ministre, Yacine Idriss Diallo et Adam Malik Francis Tohé se sont retrouvés discrètement, sans tapage médiatique, contrairement aux deux autres rencontres.
La rencontre, organisée chez Anne Désirée Ouloto, s’est tenue en présence des ministres Silas Metch Adjé, Mamadou Touré et Adama Dosso.
L’objectif était notamment de s’assurer que toutes les parties sont en phase et agissent de bonne foi.
Il ressort de ces différentes démarches que le président de la FIF, qui nourrirait des ambitions au niveau de la Confédération africaine de football (CAF), ne semble cependant pas prêt à lâcher du lest en interne ni à déléguer davantage de tâches.
Une situation qui pourrait lui permettre de conserver la maîtrise de la Fédération, mais qui pourrait aussi l’obliger à arbitrer entre la gestion quotidienne de la FIF et d’éventuelles ambitions continentales.
Hervé Coulibaly






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