
La modernisation du cadastre et l’élargissement de l’assiette fiscale occupent une place importante dans les réformes engagées par la Côte d’Ivoire dans le secteur foncier. En marge des Journées foncières d’Abidjan, qui se tiennent du 5 au 7 octobre 2026, Bahi Apollinaire Boua, directeur du Cadastre ivoirien, a présenté les principales réformes engagées par l’administration fiscale pour améliorer la connaissance du patrimoine foncier et renforcer le rendement de l’impôt foncier.
Intervenant lors d’un panel consacré au thème « Marchés fonciers, secteur privé et investissement », le responsable a mis en avant le rôle stratégique du cadastre dans la mobilisation des ressources internes et l’accompagnement du développement économique.
Dans son exposé, Bahi Apollinaire Boua a souligné que l’une des priorités actuelles de la Direction générale des Impôts (DGI) est l’élargissement de l’assiette fiscale. Il s’agit notamment de parvenir à une meilleure identification des biens immobiliers et des contribuables assujettis à l’impôt foncier, afin d’améliorer le recouvrement.
« L’élargissement de l’assiette devient une priorité », a insisté le directeur du Cadastre, soulignant la nécessité pour l’administration de disposer de données foncières fiables, actualisées et facilement accessibles.
Cette meilleure connaissance du patrimoine foncier doit permettre de renforcer la fiscalité locale et nationale, tout en favorisant davantage de transparence dans la gestion du foncier.
Le numérique au cœur de la réforme
Autre axe majeur présenté lors du panel : la transformation numérique des services du cadastre.
Bahi Apollinaire Boua a notamment évoqué les innovations mises en œuvre par la Direction générale des Impôts, dont la plateforme e-Cadastre, qui participe à la dématérialisation progressive des procédures.
Cette digitalisation vise à simplifier les démarches des usagers, à améliorer l’accès à l’information foncière et à faciliter les opérations liées au paiement des impôts. Elle doit également permettre à l’administration de gagner en efficacité dans le traitement des données et le suivi des obligations fiscales.
Au-delà de la simplification administrative, la dématérialisation constitue ainsi un instrument de modernisation de la gouvernance foncière. Elle doit contribuer à réduire les délais, sécuriser les informations et renforcer la traçabilité des opérations.
Un enjeu également budgétaire
Pour la DGI, la réforme du cadastre répond aussi à un enjeu budgétaire. Face aux besoins croissants de financement des politiques publiques, l’administration fiscale cherche à améliorer la mobilisation des ressources intérieures.
Cette démarche passe par une plus grande efficacité du recouvrement, mais également par une meilleure identification des contribuables et des bases imposables. L’objectif est donc d’élargir progressivement l’assiette fiscale plutôt que de concentrer l’effort sur les seuls contribuables déjà recensés.
Dans cette perspective, la modernisation du cadastre doit permettre à l’État de disposer d’une base d’informations plus complète sur le patrimoine foncier. Une meilleure maîtrise de la donnée foncière pourrait ainsi contribuer à une fiscalité plus efficace et à une mobilisation accrue des ressources nécessaires au financement des investissements publics.






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