L’Institut Gustave-Roussy, l’un des établissements les plus réputés de la cancérologie française, se retrouve au cœur d’une affaire de soupçons de corruption. Selon les informations rapportées par Le Canard enchaîné, plusieurs médecins de l’établissement auraient perçu des sommes importantes pour prendre en charge de riches patients étrangers.
L’affaire aurait franchi un nouveau cap le 8 juin 2026. L’Agence française anticorruption (AFA) aurait saisi le Parquet national financier (PNF), faisant état de soupçons de pots-de-vin et de trafic d’influence impliquant des opérations à l’étranger.
Des médecins soupçonnés d’avoir reçu de l’argent
Au cœur du dossier figureraient des pratiques liées à la prise en charge de patients étrangers fortunés. D’après les éléments rapportés par l’hebdomadaire satirique, certains médecins de Gustave-Roussy auraient reçu individuellement plusieurs milliers d’euros.
Ces versements soulèvent des interrogations sur les conditions dans lesquelles certains patients étrangers étaient orientés et pris en charge au sein de l’établissement.
L’AFA se serait intéressée à ces pratiques avant de transmettre le dossier à la justice financière. Une saisine qui pourrait désormais conduire à des investigations judiciaires plus approfondies.
Le directeur Fabrice Barlesi déjà alerté
L’affaire pose également la question de la responsabilité de la direction de l’institut. Le professeur Fabrice Barlesi, à la tête de Gustave-Roussy, aurait été alerté de l’existence de ces pratiques, sans que des mesures suffisantes aient, selon les informations rapportées, été prises pour y mettre fin.
Plus embarrassant encore pour la direction de l’établissement : le signalement de l’AFA au PNF serait intervenu avant le renouvellement du mandat de Fabrice Barlesi.
Le 27 juillet 2026, celui-ci a pourtant été reconduit pour cinq ans à la tête de l’institution, avec le soutien du président Emmanuel Macron.
Une institution proche du couple présidentiel
Gustave-Roussy bénéficie depuis plusieurs années d’une forte visibilité institutionnelle. Emmanuel Macron s’y est rendu à plusieurs reprises depuis son arrivée à l’Élysée.
Brigitte Macron s’est également rendue régulièrement dans l’établissement pour rencontrer des patients. En juin 2025, elle était notamment présente lorsque Fabrice Barlesi s’est vu remettre les insignes de chevalier de l’ordre national du Mérite.
La proximité affichée entre le pouvoir exécutif et l’établissement donne donc une dimension politique particulière à cette affaire.
Le PNF désormais au centre du dossier
Avec la saisine du Parquet national financier, l’affaire pourrait désormais entrer dans une nouvelle phase. Le PNF devra déterminer si les faits signalés par l’AFA sont susceptibles de constituer des infractions pénales et s’ils justifient l’ouverture d’investigations.
Pour Gustave-Roussy, présenté comme une vitrine mondiale de l’excellence médicale française, l’enjeu est considérable. Au-delà des éventuelles responsabilités individuelles, ce sont les mécanismes de prise en charge des patients étrangers, les éventuels conflits d’intérêts et le fonctionnement de la gouvernance de l’institut qui pourraient être examinés.
Une affaire qui risque donc de faire beaucoup plus de bruit que les premières alertes internes.






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