Le samedi 26 septembre 2026 à l’hôtel Blue Bay d’Abidjan, Kévin Zokou, président du mouvement « Agissons Ensemble », a présenté son projet de société « Le Nouvel Équilibre ». Devenu à force d’interventions sur les sujets brûlants, une nouvelle voix critique et de proposition au sein de l’opposition ivoirienne, il propose ici, une rupture radicale : une 4e République austère pour dit-il donner plus de chance au financement des projets utiles pour le peuple.
Devant militants, acteurs de la société civile et journalistes, Kévin Zokou a mis les mots sur les maux du pays. « Aujourd’hui est un jour de rupture, un jour d’espoir et de vérité pour notre Nation », a-t-il lancé d’entrée.
Une 4e République pour en finir avec le gaspillage
La sobriété institutionnelle qu’il charie émane d’un constat sévère : « Un appareil public surdimensionné, des institutions budgétivores, des ministères pléthoriques et un train de vie étatique déconnecté ». Il définit à partir de là ce qui devrait être son principe fondateur de sa politique : « retirer l’argent des privilèges du sommet de l’état pour le remettre directement au service du peuple ». Aussi propose-t-il une ossature constitutionnelle austère qui ne soit pas une justification du gaspillage. Il veut supprimer le Sénat, la Vice-Présidence, la Médiature, le Haut Représentant du Président de la République, les rentes viagères des anciens présidents d’institutions et « tous ces nombreux postes de conseillers à rang de ministre qui ne servent qu’à entretenir des clientèles politiques ».
Sur les collectivités territoriales, il tient également à une proposition de rupture majeure : suppression des 31 Conseils Régionaux. Pour M. Zokou, la communalisation totale du pays peut faire l’affaire pour éviter les doublons avec les préfectures. Il propose aussi de réduire drastiquement l’Assemblée Nationale de 255 à 151 députés.
15 ministères maximum et parité homme-femme obligatoire
Sa proposition de loi constitutionnelle est chiffrée. Elle fixe à quinze (15) le nombre de ministères constitutionnels réguliers avec un plafond strict de vingt-et-un (21) membres du Gouvernement afin d’allier flexibilité exécutive et rigueur budgétaire.
Les économies ainsi réalisées seront dit-il, réaffectées à un Fonds National d’Industrialisation Régionale pour « la transformation locale des matières premières agricoles (cacao, anacarde, hévéa) »
Autre innovation : la parité sanctuarisée. « Si le Chef de l’Etat est un homme, le Premier Ministre est obligatoirement une femme et inversement » et « une règle de parité parfaite (50% d’hommes et 50% de femmes) » au gouvernement.
Les 7 piliers du Nouvel Équilibre
Kévin Zokou a décrit un projet qu’il appelle le nouvel équilibre, un condensé de propositions en 7 piliers phares.
1. Sobriété institutionnelle : Pétition citoyenne, révocation des élus transhumants
2. Éducation qualifiante : Chèque-Qualification pour 100% des déscolarisés, classes à 35-40 élèves maximum
3. Protection Santé pour Tous (PST) : Remplace la CMU, soins primaires et maternité gratuits, 50 médicaments essentiels garantis
4. Emploi décent : Contrat Premier Emploi Communal (CPEC) et Zones d’Activités Artisanales Communales (ZAAC)
5. Agriculture moderne : Renaissance de l’esprit SATMACI, irrigation en toutes saisons
6. Économie productive : « 1 Commune = 1 Filière Industrialisée » et 40% des marchés publics aux PME ivoiriennes
7. Justice et sécurité : « 1 Commune = 1 Commissariat, 1 Brigade, 1 Tribunal »
Dans le document qu’il qualifie d’analyse budgétaire, ce sont plus de 100 milliards d’économies annuelles que fera l’état si les changements proposés surviennent. La suppression du sénat devrait générer 12 à 15 milliards d’économies, 6 à 8 milliards pour la suppression de la Vice-présidence etc.
Son analyse s’achève par un triptyque : « cooriger ce qui est mal fait, améliorer ce qui est déjà fait, réaliser ce qui n’est pas encore fait »
Pour cette sortie prévue de longue date, Kévin Zokou n’a pas été avare en propos. Il a répondu à toutes les questions selon son style. Il a reconnu cependant une chose : son mouvement est naissant et n’a pas la prétention d’avoir l’assise pour faire changer les choses d’un coup de baguette magique. Il mise sur une œuvre de longue haleine qui opte pour la proximité avec le peuple.
SD à Abidjan






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