Régulation de la presse : Bakary Sanogo appelle à renforcer l’éthique face à l’IA et à la désinformation
Abidjan, 21 septembre 2026 – L’essor de l’intelligence artificielle (IA) et les transformations des usages numériques ne doivent pas conduire à un affaiblissement des règles éthiques et déontologiques du journalisme. C’est le message porté par le président de l’Autorité nationale de la presse (ANP), Bakary Sanogo, lors du Colloque Médias 2026, organisé le 11 septembre à Abidjan par la Fondation Konrad-Adenauer.
Intervenant au cours d’un panel consacré au thème « Les médias comme faiseurs d’opinion », Bakary Sanogo a estimé que les mutations technologiques doivent au contraire conduire les professionnels des médias à renforcer leur vigilance et leur responsabilité.
« La collecte, le traitement et la diffusion de l’information restent un métier. Le monde de la presse ne saurait être un “no man’s land”, une jungle, où l’on se permettrait tout et n’importe quoi », a-t-il déclaré.
Distinguer information, intox et manipulation
Pour le président de l’ANP, la généralisation des smartphones et l’évolution des pratiques sur les réseaux sociaux exposent le public à de nouvelles formes de désinformation et de manipulation.
Ces évolutions doivent, selon lui, inciter les professionnels des médias à redoubler de vigilance afin de distinguer les informations vérifiées des contenus trompeurs ou manipulés.
Bakary Sanogo a rappelé à cette occasion le rôle de l’ANP, chargée de veiller à l’application des textes encadrant le secteur de la presse ainsi qu’au respect des règles d’éthique et de déontologie auxquelles les professionnels sont soumis.
Il a également insisté sur la responsabilité particulière des médias dans la formation de l’opinion publique. Pour lui, le statut de « faiseur d’opinion » ne constitue pas un privilège, mais implique une « lourde responsabilité sociale ».
Le président de l’ANP a par ailleurs établi une distinction entre l’influence et la manipulation. « L’influence apparaît naturellement dans les choix éditoriaux, mais la manipulation intervient dès lors que l’information est volontairement altérée, non vérifiée ou orientée de manière à priver le citoyen de se forger un jugement », a-t-il expliqué.
L’esprit critique au cœur de la lutte contre la désinformation
Les échanges du panel ont également porté sur la vulnérabilité du public face à la désinformation et aux contenus manipulés.
Parmi les pistes évoquées figure le développement de l’esprit critique des consommateurs d’information. « Ce que l’on lit n’est pas forcément la vérité. Il faut savoir, en tant que lecteur, arriver à des questionnements », a souligné Bakary Sanogo.
Le président de l’ANP a indiqué que l’institution entend poursuivre et intensifier ses programmes d’éducation aux médias, notamment à destination des jeunes.
Le panel a réuni Alassane Drabo, journaliste-présentateur à NCI, M’ma Camara, journaliste reporter d’images, et Daouda Traoré, directeur des Programmes, de la Documentation et de l’Information à la Haute Autorité de la Communication audiovisuelle (HACA) de Côte d’Ivoire.
Source : ANP, Abidjan, Côte d’Ivoire






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