Cette main levée de Justin Koné Katinan, 4e vice-président du PPA-CI, le 11 septembre 2026 au tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, en direction des militants et responsables du parti, rappelle étrangement le poing formé de Mme Henriette Dagri-Diabaté, secrétaire générale du RDR, à l’adresse des proches venus assister à son procès en novembre 1999, au même endroit.
Cela aussi passera. Le 27 octobre, en compagnie d’une vingtaine de cadres du RDR, Mme Dagri-Diabaté est arrêtée à l’issue d’une manifestation organisée pour réclamer la « libération des médias d’État », et qui a viré à un affrontement avec les forces de l’ordre, occasionnant des dégâts.
Le 14 novembre 1999, la secrétaire générale du RDR, avec onze autres dirigeants du parti, a été condamnée à deux ans de prison en vertu de la « loi anti-casseurs ». Celle-ci tient les organisateurs d’une manifestation, responsables des débordements.
En exil en France parce que sous le coup d’un mandat d’arrêt international pour « faux et usage de faux dans les documents administratifs », Alassane Dramane Ouattara, président du RDR, va considérer les condamnés comme des « prisonniers politiques ». Il interprétera la décision de justice comme la volonté du régime Bédié de « décapiter » son parti surtout que « la loi anti-casseurs est d’une autre époque ».
Cela aussi passera. C’était le retour du bâton. Le 17 février 1992, en prévision de la marche du FPI et d’autres organisations politiques et syndicales, prévue le lendemain, le gouvernement du premier ministre Alassane Dramane Ouattara a élaboré précipitamment l’ordonnance « anti-casseurs ».
Et comme cela était prévisible, la marche, manifestement infiltrée, a dégénéré. Laurent Gbagbo, son épouse Simone Éhivet-Gbagbo et d’autres leaders sont arrêtés. Le 6 mars 1992, ils sont condamnés à deux ans de prison.
Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts avec l’abolition de la « loi anti-casseurs ». Mais le RDR, au pouvoir, n’accorde aucun répit au PPA-CI et au PDCI-RDA. Il maintient la pression politico-judiciaire sur ces deux partis rivaux afin de les « décapiter ».
C’est ainsi que répondant, le 9 septembre 2026, à une plainte du parti présidentiel pour diffamation, diffusion de fausses nouvelles et injures, Koné Katinan est tombé dans le piège d’un engrenage judiciaire.
Le procureur de la république, Koné Braman Oumar, a ouvert une information judiciaire contre lui pour une dizaine de chefs d’accusation aussi graves les uns que les autres, liés à la période électorale de 2025 : actes terroristes, attentat et complot contre l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel, etc. Le 11 septembre 2026, il a rejoint les autres responsables de l’opposition, les « prisonniers politiques », au PPA (ex-MACA) en attendant son procès.
Mais cela aussi passera. Car, tout comme la vie, tout est éphémère. Rien n’est éternel.
F. M. Bally






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