Pour tenter de résorber les stocks de cacao issus de la campagne principale, l’État ivoirien a décidé de racheter 100 000 tonnes, à travers des opérateurs chargés de s’approvisionner directement auprès des sociétés coopératives. Mais l’opération suscite encore des interrogations au sein des organisations professionnelles agricoles, qui réclament davantage de transparence sur les volumes inventoriés et effectivement enlevés.
Les organisations agricoles demandent notamment la publication de la liste complète des coopératives recensées, avec les volumes de cacao correspondants, mais aussi celle des bénéficiaires de l’opération et des quantités effectivement enlevées.
Selon Éhora Yao, porte-parole des organisations professionnelles agricoles, plus de 20 000 tonnes de cacao inventoriées seraient toujours détenues par des sociétés coopératives.
« Il y a plus de 20 000 tonnes de cacao inventoriées toujours aux mains des sociétés coopératives. Le cacao qui a été inventorié, une partie a été prise pour ceux qui ont eu la chance. Mais pour d’autres coopératives, rien n’a été pris. Nous voulons que cette liste-là soit affichée, afin que tout le monde sache qui a reçu quoi », explique-t-il.
Les coopératives demandent des comptes
Pour les organisations professionnelles agricoles, la publication de ces données permettrait de clarifier la situation et d’éviter les soupçons autour de la répartition des achats effectués dans le cadre de l’opération.
La question est d’autant plus sensible que la filière cacao traverse une période marquée par d’importants stocks issus de la campagne principale. Les producteurs et leurs organisations souhaitent donc savoir précisément quelles coopératives ont bénéficié du dispositif, pour quels volumes et quelles quantités ont réellement été enlevées.
Le ministre de l’Agriculture met en garde contre la spéculation
La semaine dernière, le Conseil du Café-Cacao assurait pourtant que l’engagement de l’État de racheter 100 000 tonnes avait été respecté.
Interpellé ce mardi sur l’existence de stocks qui seraient encore présents dans certaines coopératives, le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, évoque de son côté des pratiques spéculatives et insiste sur le coût déjà supporté par l’État.
« Rien que les 100 000 tonnes, c’est 280 milliards de francs CFA que cela a coûté. Imaginez que vous acceptiez de façon complaisante de faire trois, quatre, cinq fois ça, vous le financez comment ? Parce que les réserves de stabilisation servent sans doute aujourd’hui à limiter la casse. Mais elles doivent également servir à limiter la casse demain », affirme-t-il.
Le gouvernement entend ainsi éviter que le mécanisme de rachat ne soit utilisé pour accumuler davantage de stocks ou alimenter des comportements spéculatifs, alors que les ressources mobilisées pour soutenir la filière restent limitées.
Le prix bord champ attendu le 1er septembre
La prochaine échéance importante pour les producteurs de cacao est désormais fixée au 1er septembre 2026, date prévue pour l’annonce du prix bord champ du kilogramme de cacao pour la grande campagne.
Cette annonce est particulièrement attendue par les planteurs, dans un contexte où les niveaux de stocks, les conditions du marché international et les mécanismes de soutien de l’État restent au cœur des préoccupations de la filière.
D’ici là, les organisations professionnelles agricoles maintiennent leur demande de transparence sur l’opération de rachat des 100 000 tonnes, notamment à travers la publication des coopératives concernées, des volumes inventoriés et des quantités effectivement enlevées.






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