Responsabilité et exemplarité: Le Professeur Mariatou Koné, un modèle d’excellence universitaire

Le 30 juillet 2026, le CAMES a rendu publics les résultats de la 48ᵉ session de ses Comités consultatifs interafricains. Sur 2 685 dossiers examinés dans treize pays, 2 409 enseignants-chercheurs ont été inscrits sur les listes d’aptitude, soit un taux de réussite de 89,7 %. Derrière ces chiffres se profile une culture de l’exigence portée par des figures comme le Professeur Mariatou Koné, elle-même issue de ce système d’évaluation par les pairs, pour qui l’investissement dans la formation reste le socle de l’excellence académique.

À Abidjan-Cocody, l’Institut d’Ethnosociologie de l’université Félix Houphouët-Boigny, fondé en 1964, n’avait jamais été dirigé par une femme jusqu’au 25 juin 2009, quand Mariatou Koné en devient la première directrice. Originaire de Boundiali, formée dans les Lycées de Korhogo, Sassandra puis Man, elle obtient Licence puis Maîtrise de Sociologie à l’université nationale d’Abidjan, puis un DEA en 1990 à l’École des hautes études en sciences sociales de Marseille. En septembre 1994, sous la direction du Professeur Jean-Pierre Olivier de Sardan, elle y soutient une Thèse intitulée : « Être encadreur agricole en Côte d’Ivoire, principes et pratiques, le cas de Sakassou ». Elle obtient la mention Très Honorable avec les Félicitations à l’unanimité des Membres du Jury.

Dès janvier 1995, elle rejoint l’IES comme enseignante-chercheuse. Chaque grade s’y obtient par le mérite, à travers les concours du CAMES. Assistante, Maître-assistante, Maître de conférences, puis Professeure Titulaire, elle franchit chaque échelon par ce chemin rigoureux de l’évaluation par les pairs, en assurant en parallèle cours et encadrement d’étudiants, cette double exigence de recherche et de formation étant précisément ce que le CAMES sanctionne à chaque session. Elle devient ainsi la première femme ivoirienne Professeure Titulaire d’anthropologie, une endurance soutenue sur près de quinze ans, la même rigueur qui structure aujourd’hui encore sa méthode de gouvernance.

La transmission comme vocation

Présider un jury de Thèse engage une responsabilité précise, celle de juger si des années de recherche méritent le titre de Docteur. Mariatou Koné a rempli ce rôle à de multiples reprises, sur des thématiques au cœur des sociétés ouest-africaines, foncier rural, famille, genre, santé, autonomisation des femmes. Ministre à responsabilités multiples, elle n’a pourtant jamais cessé d’honorer ce type d’engagement, comme le montre son agenda 2026.

Le 23 avril 2026, en pleine fonction de Ministre du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, elle se rend à l’université Alassane Ouattara de Bouaké pour présider une soutenance de Thèse. Reçue par le président de l’institution, elle confie son attachement indéfectible au monde universitaire, le travail académique restant pour elle un plaisir.

Cette fidélité dépasse la présidence de jury. Le 7 mai 2026, en qualité de Directrice de Thèse, elle participe à la soutenance de M. Ayatse Yapo Mario à l’université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, sur l’adoption des TIC dans l’agriculture ivoirienne. Un mois plus tard, le 11 juin 2026, Mlle Akpa Akpéhi Sandrine soutient sous sa direction une Thèse sur l’entrepreneuriat féminin, cas des productrices d’attiéké des Grands-Ponts. Ces trois rendez-vous se tiennent tous après sa nomination du 23 janvier 2026 à la tête du Portefeuille de l’État, preuve qu’un agenda ministériel chargé n’a jamais pris le pas sur l’encadrement de ses étudiants.

En février 2016, quelques jours après sa toute première nomination au Gouvernement, Mariatou Koné retourne à l’IES, où l’attendent non des officiels mais ses collègues Enseignants-chercheurs, le personnel administratif et les étudiants, réunis pour l’honorer. Face à eux, la nouvelle Ministre recommande la culture du travail, la rigueur et l’honnêteté intellectuelle, les mêmes exigences qu’elle s’est imposées pendant plus de vingt ans de carrière académique.

Une même exigence, au service de l’État

Depuis 2016, Mariatou Koné a occupé plusieurs Portefeuilles ministériels, dont celui de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, du 6 avril 2021 au 23 janvier 2026. C’est l’anthropologue de terrain, formée à observer avant de conclure, qui prend la tête de l’institution chargée de la transmission du savoir. Dès juillet 2021, elle lance les États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (EGENA), diagnostic participatif qu’elle compare à la démarche d’un médecin avant de prescrire un traitement. Ce travail débouche, deux ans plus tard, sur quarante-deux réformes structurelles sur dix ans, dont le retour de la dictée et du calcul mental et la digitalisation du système éducatif.

Depuis le 23 janvier 2026, à la tête du ministère du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, elle porte ce même souci ailleurs, le capital humain occupant une place centrale dans sa doctrine de gestion. Les 11 et 12 février 2026, à Yamoussoukro, elle présente sa feuille de route 2026-2030, structurée autour de trois piliers, la création de valeur durable, l’anticipation et la transparence. Cette doctrine n’est que l’extension, à une autre échelle, de ce qu’elle pratique elle-même depuis trente ans dans ses amphithéâtres.

Le 16 avril 2026 à Abidjan-Plateau, elle réunit directeurs généraux et présidents de conseils d’administration des entreprises publiques autour d’un état des lieux chiffré de leur capital et résultat net. Le 29 juin 2026, elle étend cette logique aux établissements publics nationaux, puis le 27 juillet 2026, à l’hôtel Ivoire d’Abidjan, ouvre l’atelier de validation de la Stratégie nationale de gestion du portefeuille de l’État 2026-2030.

Entre ces échéances ministérielles, elle est aussi maire de Boundiali et députée de Boundiali-Ganaoni depuis 2021, un mandat local où elle porte, pour sa ville natale, une ambition de « ville verte et durable » conjuguant reboisement urbain et agroécologie.

Le 20 avril 2026, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, elle préside la rentrée solennelle de l’Académie de la Bonne Gouvernance et du Leadership Anti-Corruption, mise en place en avril 2025, prolongement du pilier de transparence qu’elle défend pour la gestion du Portefeuille de l’État.

De l’amphithéâtre de l’IES aux conseils d’administration des entreprises publiques, le même critère revient dans son discours. Elle mesure une politique à la compétence et à l’engagement de ceux qui la mettent en œuvre, plutôt qu’aux seuls indicateurs financiers.

Ce qu’il faut retenir de Mariatou Koné avant tout titre officiel, une universitaire qui a passé sa vie à former des esprits et qui, quel que soit l’agenda d’une Ministre, continue de trouver le temps de s’asseoir dans un Jury de thèse. Rigueur académique et exigence d’État s’y rejoignent, comme les deux faces d’une même exemplarité, celle-là même que les chiffres du CAMES viennent, chaque année, rappeler à l’échelle du continent.

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