
La Côte d’Ivoire veut franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique en s’appuyant sur les technologies satellitaires. Le gouvernement entend renforcer sa coopération avec l’Organisation régionale africaine de communications par satellite (RASCOM) afin d’améliorer la couverture numérique du territoire et de développer de nouvelles applications dans des secteurs stratégiques.
Cette orientation a été confirmée par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, à l’issue d’une visite au siège de la RASCOM, le 31 juillet 2026 à Abidjan-Plateau.
Une solution pour couvrir l’ensemble du territoire
Pour le ministre, les technologies satellitaires représentent une réponse aux défis de la couverture universelle, notamment dans les zones rurales ou difficiles d’accès.
« Les ambitions de RASCOM sont alignées avec les ambitions stratégiques de la Côte d’Ivoire. Nous avons choisi d’intégrer les technologies satellitaires comme une solution à la couverture universelle », a déclaré Djibril Ouattara.
Il a annoncé qu’une séance de travail réunissant le ministère et les structures en charge du service universel se tiendra dès la semaine prochaine afin d’étudier les modalités concrètes de cette collaboration.
Bien plus que les télécommunications
Au-delà de l’accès à Internet, le gouvernement souhaite exploiter le potentiel des satellites dans plusieurs domaines stratégiques.
Selon Djibril Ouattara, ces technologies pourront contribuer à la surveillance du territoire, au développement de l’agriculture, ainsi qu’à une meilleure gestion du foncier grâce aux systèmes d’information géographique et aux images satellitaires.
Les données issues des satellites permettront notamment de suivre l’évolution du foncier rural et forestier, d’améliorer la planification territoriale et d’éclairer la prise de décision des pouvoirs publics.
Le ministre a également évoqué la possibilité, pour les États africains, de développer ensemble des constellations de satellites, notamment en orbite basse, afin de renforcer leur autonomie technologique.
Une coopération déjà éprouvée
Le directeur général de la RASCOM, Timothy Adi Ashong, a rappelé que la Côte d’Ivoire utilise déjà les services de l’organisation.
Il a notamment cité la Coupe d’Afrique des Nations 2023, au cours de laquelle la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) avait eu recours aux capacités satellitaires de la RASCOM pour assurer la diffusion des événements.
Créée en 1992 sous l’égide de l’Union africaine, la RASCOM a pour mission de promouvoir les communications satellitaires sur le continent, de réduire la fracture numérique et de développer des services de télécommunications et de diffusion adaptés aux besoins des États africains.
Une solution africaine pour connecter les zones rurales
Selon Timothy Adi Ashong, la RASCOM travaille déjà avec le ministère ivoirien afin de proposer une solution Internet 100 % africaine destinée à améliorer la connectivité des zones rurales.
Cette coopération vise à offrir aux populations éloignées des grands centres urbains un accès plus fiable aux services numériques, tout en réduisant la dépendance du continent vis-à-vis des infrastructures étrangères.
Former les futurs spécialistes africains
Dans cette dynamique, la RASCOM lancera également sa RASCOM Academy, une session de formation en ligne prévue du 2 au 4 septembre 2026.
Cette initiative a pour objectif de former une nouvelle génération d’ingénieurs africains aux technologies satellitaires, un secteur appelé à jouer un rôle croissant dans les télécommunications, la sécurité, l’agriculture de précision, la cartographie et la gestion des ressources naturelles.
À travers ce partenariat, la Côte d’Ivoire confirme son ambition de faire des technologies spatiales un levier de modernisation de son économie et de réduction de la fracture numérique, tout en contribuant à l’émergence de solutions technologiques développées par et pour l’Afrique.






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