« Préserver l’unité du PDCI-RDA pour préparer sereinement la reconquête du pouvoir »
À la suite du lancement du Réseau d’Entraide Militant (REM), plusieurs réactions ont émergé dans l’espace politique ivoirien. Dans cet entretien, M. Loué Tebily Roger, Président exécutif du GRAPA-PDCI, revient sur la vocation du REM, le rôle du GRAPA-PDCI, les débats internes au sein du PDCI-RDA, le leadership du Président Tidjane Thiam et les perspectives de reconquête du pouvoir. Il appelle à préserver l’unité du parti, à renforcer la mobilisation militante et à inscrire toutes les initiatives dans une dynamique collective au service de l’avenir du PDCI-RDA.
Journaliste :
Monsieur le Président, le lancement du Réseau d’Entraide Militant (REM) par le Premier Vice-président du GRAPA-PDCI, M. Marchal Balou, suscite de nombreuses réactions. Quelle est la position du GRAPA-PDCI ?
Loué Tebily Roger, Président exécutif du GRAPA-PDCI :
Le GRAPA-PDCI accueille cette initiative avec sérénité et responsabilité. Selon ses initiateurs, le Réseau d’Entraide Militant (REM) a pour vocation de renforcer la mobilisation, la solidarité et l’entraide entre les militants, en créant un cadre de proximité, d’écoute et d’accompagnement au sein de notre famille politique.
Si je m’en tiens aux objectifs annoncés par les promoteurs du REM, je considère que cette démarche répond à une préoccupation essentielle : un parti politique ne peut être véritablement fort que lorsque ses militants se sentent écoutés, considérés et pleinement associés à sa dynamique.
La politique ne doit pas se limiter aux périodes électorales. Elle doit être un engagement permanent auprès des militants et des populations. Nous saluons donc l’engagement de M. Marchal Balou, Premier Vice-président chargé de la Stratégie politique et du Développement du GRAPA-PDCI, ainsi que sa volonté de contribuer au renforcement de la solidarité et de la mobilisation militante au sein du PDCI-RDA.
M. Marchal Balou est un cadre engagé du PDCI-RDA. Son parcours, son expérience et sa connaissance de notre famille politique sont connus. Son initiative doit donc être considérée dans un esprit constructif, comme une contribution supplémentaire au renforcement du lien entre le parti et sa base militante.
Journaliste :
Certains observateurs présentent le REM comme un signe de tensions au sein du PDCI-RDA. Que leur répondez-vous ?
Loué Tebily Roger :
Il faut éviter les interprétations qui pourraient donner une image inexacte de la réalité. Il n’existe aucun conflit entre le GRAPA-PDCI et M. Marchal Balou, qui demeure pleinement le Premier Vice-président chargé de la Stratégie politique et du Développement du GRAPA-PDCI. Il continue d’exercer les responsabilités qui lui ont été confiées. Le Président Tidjane Thiam et M. Marchal Balou se connaissent depuis longtemps. Ils entretiennent des relations de confiance et échangent régulièrement sur les questions relatives à la vie du parti et aux défis auxquels notre formation politique est confrontée.
Ils partagent une culture politique commune, héritée de l’histoire du PDCI-RDA et de grandes figures qui ont marqué la vie politique ivoirienne, notamment le Président Henri Konan Bédié et l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny. M. Marchal Balou a eu l’honneur de servir auprès de ces grandes personnalités, notamment en qualité de conseiller spécial auprès du Président Henri Konan Bédié et du Premier ministre Charles Konan Banny. Le Président Tidjane Thiam, pour sa part, a également exercé de hautes responsabilités publiques et ministérielles sous la présidence du Président Henri Konan Bédié.
Ces parcours témoignent d’une continuité dans l’engagement politique, fondée sur des valeurs communes : le sens de l’État, la responsabilité, le service public et l’attachement aux idéaux du PDCI-RDA.
Journaliste :
Certains estiment que le REM pourrait faire concurrence aux structures officielles du PDCI-RDA. Que leur répondez-vous ?
Loué Tebily Roger, Président exécutif du GRAPA-PDCI :
Cette lecture me paraît réductrice et ne correspond pas à la réalité du fonctionnement d’une grande organisation politique comme le PDCI-RDA. Le PDCI-RDA est une grande formation politique qui dispose de structures, d’instances dirigeantes et de règles de fonctionnement clairement établies.
Dans l’histoire des grands partis politiques, il a toujours existé des groupes de soutien, des réseaux de réflexion, des cadres de mobilisation et des initiatives citoyennes ou militantes qui contribuent au rayonnement de la formation politique à laquelle ils se rattachent. Le Président Henri Konan Bédié avait cette formule : « Il faut laisser les sans-fleurs fleurir. »
Cette expression traduit une idée simple : une grande famille politique doit savoir accueillir les initiatives, les compétences et les énergies nouvelles lorsqu’elles contribuent à son renforcement. Selon ses promoteurs, le REM s’inscrit dans cette dynamique. Il vise à apporter une contribution dans les domaines de la proximité, de la solidarité et de l’entraide militante. Il ne s’agit donc pas de créer une structure concurrente au parti, mais plutôt de renforcer, par une démarche complémentaire, la présence du PDCI-RDA auprès de ses militants et de ses sympathisants.
L’essentiel est que toutes les initiatives convergent vers un objectif commun : renforcer l’unité, la mobilisation et l’efficacité collective de notre famille politique.
Journaliste :
Vous dirigez le GRAPA-PDCI. Pouvez-vous nous expliquer le rôle de cette structure ?
Loué Tebily Roger :
Le GRAPA-PDCI est un groupe de réflexion, d’analyse et de propositions spécialisé dans les questions de stratégie politique, de prospective, de relations internationales et de coopération. Depuis sa création en 2008, le Groupe est au service du PDCI-RDA et contribue à enrichir la réflexion sur les grands enjeux auxquels notre parti et notre pays sont confrontés. Notre rôle n’est pas de remplacer les structures officielles du parti, mais d’apporter une contribution intellectuelle, stratégique et diplomatique afin d’aider le PDCI-RDA à mieux comprendre les évolutions nationales, régionales et internationales. Un grand parti politique ne peut avancer uniquement par la mobilisation militante. Il doit également disposer d’une vision, d’une capacité d’analyse et d’une stratégie adaptée aux transformations du monde contemporain.
Le GRAPA-PDCI entend donc apporter sa contribution dans cet esprit : réfléchir, proposer et accompagner la construction d’un projet politique capable de répondre aux attentes des populations.
Journaliste :
Pourquoi le GRAPA-PDCI a-t-il ressenti le besoin d’apporter des clarifications sur le REM ?
Loué Tebily Roger :
Parce qu’une confusion s’était installée dans l’opinion publique sur la nature et le positionnement du REM. Certains ont pu penser qu’il s’agissait d’une initiative directement portée par le GRAPA-PDCI. Ce n’est pas le cas.
Permettez-moi de le rappeler, car la répétition peut parfois être utile à la compréhension : le GRAPA-PDCI est une structure de réflexion stratégique, d’analyse politique, d’orientation et de relations internationales au service du PDCI-RDA. Sa mission est de produire des analyses, de formuler des propositions et de contribuer au rayonnement du parti sur les plans national, régional et international.
Le REM constitue une initiative distincte, portée par ses promoteurs, avec une vocation spécifique dans les domaines de la proximité, de la solidarité et de la mobilisation militante. Il était donc nécessaire, dans un souci de clarté, de responsabilité institutionnelle et de bonne gouvernance, de rappeler les missions respectives de chaque structure.
Cette clarification ne constitue ni une opposition au REM, ni une remise en cause de l’engagement de M. Marchal Balou. Elle vise simplement à permettre à chacun de comprendre la place et la vocation de chaque initiative dans l’environnement politique du PDCI-RDA.
Journaliste :
Plusieurs publications affirment que M. Marchal Balou aurait demandé la démission du Président du PDCI-RDA, M. Tidjane Thiam. Qu’en est-il réellement ?
Loué Tebily Roger :
Je souhaite être très clair sur cette question. Au niveau du Bureau exécutif du GRAPA-PDCI, en présence de M. Marchal Balou, Premier Vice-président chargé de la Stratégie politique et du Développement, nous avons examiné cette question de manière formelle. À aucun moment, M. Marchal Balou n’a demandé la démission du Président du PDCI-RDA, M. Tidjane Thiam. Aucune de ses déclarations publiques ne contient un tel appel. Les propos qui lui ont été attribués sur ce sujet par certains médias nationaux et internationaux ne correspondent donc pas à sa position réelle. La position exprimée par M. Marchal Balou est différente. Il considère que les instances statutaires du parti doivent pouvoir se réunir afin d’examiner, avec responsabilité, les défis auxquels le PDCI-RDA est confronté et de définir les orientations nécessaires pour l’avenir.
Cette démarche ne remet nullement en cause le leadership du Président Tidjane Thiam.
Dans une grande formation politique, le débat interne, lorsqu’il se déroule dans le respect des textes, de la discipline collective et de l’intérêt supérieur du parti, constitue une expression normale de la vitalité démocratique.
Les grandes décisions doivent être débattues et assumées collectivement par les organes compétents du parti.
D’ailleurs, le Président Tidjane Thiam a annoncé la convocation d’un Bureau politique, prélude à la tenue d’un Congrès ordinaire.
Il n’y a donc pas de crise insurmontable. L’essentiel est de préserver l’unité du parti, de maintenir le dialogue et de préparer sereinement l’avenir.
Journaliste :
Quel regard portez-vous sur le leadership du Président Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA ?
Loué Tebily Roger :
Le Président Tidjane Thiam représente une étape importante dans l’évolution du PDCI-RDA. Son parcours international, son expertise et son expérience constituent des atouts importants pour accompagner la modernisation de notre formation politique.
Dans un contexte marqué par de nombreux défis, il porte une ambition de rassemblement, de renouvellement et de préparation de l’avenir. Notre responsabilité collective est de l’accompagner dans cette mission, dans le respect de l’histoire, des valeurs et des traditions du PDCI-RDA. L’avenir de notre parti dépendra de notre capacité à unir les expériences du passé, les compétences du présent et les aspirations des générations futures.
Journaliste :
À l’approche du verdict de justice prévu le 30 juillet 2026 concernant le PDCI-RDA et son Président, M. Tidjane Thiam, comment le GRAPA-PDCI analyse-t-il cette situation ?
Loué Tebily Roger, Président exécutif du GRAPA-PDCI :
Le GRAPA-PDCI suit cette situation avec attention, sérénité et sens des responsabilités. Dans un État de droit, la justice occupe une place fondamentale dans le fonctionnement des institutions. Elle doit pouvoir exercer ses missions en toute indépendance, dans le respect des procédures, des droits des parties et des principes qui garantissent l’équité.
Notre position repose sur la confiance dans les institutions de la République et sur la conviction que toute décision de justice doit être accueillie avec respect, responsabilité et sérénité. Au-delà de l’aspect strictement juridique de cette affaire, il est essentiel de préserver la paix sociale, la stabilité nationale et la qualité du débat démocratique.
Le PDCI-RDA est une grande formation politique qui a profondément marqué l’histoire de la Côte d’Ivoire. Il demeure attaché aux valeurs de dialogue, de responsabilité, de respect des institutions et de défense de l’intérêt général. Le Président Tidjane Thiam assume aujourd’hui une responsabilité majeure à la tête de notre parti. Dans cette période particulière, notre devoir collectif est de préserver la cohésion, de faire preuve de hauteur de vue et de continuer à agir dans un esprit républicain.
Le GRAPA-PDCI continuera à remplir sa mission de réflexion stratégique, d’analyse politique et de contribution au rayonnement du PDCI-RDA. Nous sommes convaincus que les grandes formations politiques démontrent leur solidité dans les moments difficiles, par leur capacité à rester unies, organisées et tournées vers l’avenir.
Journaliste :
Le PDCI-RDA est dans l’opposition depuis 1999. Cette longue période a-t-elle créé une fatigue chez les militants ?
Loué Tebily Roger :
Il faut reconnaître qu’une longue période dans l’opposition constitue un défi pour toute formation politique. Elle peut susciter des interrogations, parfois une forme de lassitude chez certains militants. Mais elle doit surtout être considérée comme une période de réflexion, de réorganisation et de préparation. Le PDCI-RDA reste une force politique historique. Son héritage, son expérience et son implantation constituent des atouts majeurs.
Notre responsabilité aujourd’hui est de transformer cet héritage en une véritable dynamique de reconquête du pouvoir d’État. Sous le leadership du Président Tidjane Thiam, le parti dispose d’une opportunité importante pour moderniser son organisation, renforcer sa proximité avec les populations et créer les conditions d’une nouvelle ambition politique. La reconquête passe nécessairement par une organisation plus forte, une mobilisation permanente et un projet capable de répondre aux attentes des Ivoiriens.
Journaliste :
Quelle est la stratégie pour reconquérir le pouvoir ?
Loué Tebily Roger :
La reconquête du pouvoir ne se décrète pas. Elle se prépare. Elle repose sur plusieurs exigences : une vision politique claire, une organisation militante solide, une présence constante sur le terrain et une capacité à rassembler toutes les générations, toutes les compétences et toutes les énergies positives. Le GRAPA-PDCI apporte sa contribution à travers la réflexion stratégique, la prospective, les relations internationales et la coopération.
Le REM, comme toutes les initiatives constructives qui partagent l’objectif de renforcer notre famille politique, peut également contribuer à la mobilisation, à la solidarité et à l’entraide militante. Cependant, toutes ces initiatives doivent naturellement s’inscrire dans le respect des structures, des textes et de la discipline du parti.
Notre force réside dans notre capacité à transformer nos différences en complémentarités et nos énergies individuelles en une dynamique collective. La victoire politique se construit bien avant les élections. Elle exige du travail, de l’organisation, de la proximité avec les populations et une vision claire de l’avenir.
Journaliste :
Quel message adressez-vous aux militants du PDCI-RDA ?
Loué Tebily Roger :
Je voudrais dire aux militants que le temps de l’attente doit désormais devenir le temps de la préparation. Nous devons passer d’une logique de nostalgie du passé à une véritable dynamique de conquête de l’avenir. Le PDCI-RDA possède une histoire exceptionnelle, une expérience unique et une remarquable capacité de résilience. Cet héritage constitue une force, mais il nous impose également une responsabilité : préparer l’avenir avec méthode, discipline et ambition. Notre parti doit rassembler toutes ses forces : les anciens, qui portent la mémoire et l’expérience, les jeunes, qui incarnent l’avenir, ainsi que toutes les femmes et tous les hommes qui souhaitent contribuer à son rayonnement.
Le GRAPA-PDCI continuera d’apporter sa contribution à travers la réflexion stratégique, les relations internationales et la coopération. Nous encourageons toutes les initiatives positives qui contribuent au renforcement de notre famille politique, dans le respect de nos textes, de nos valeurs et de notre unité.
L’histoire du PDCI-RDA nous enseigne que les grandes victoires naissent toujours du rassemblement. Notre responsabilité est donc claire : préserver notre unité, renforcer notre organisation et préparer, avec sérénité et détermination, le retour du PDCI-RDA au cœur de la gouvernance nationale.
Notre force sera toujours notre unité.
Je vous remercie.
Fin
Réalisée par Gbansé Douadé Alexis







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