Exclusif – Parole contre papier : à la FIF, l’accord ( fantôme ) qui ne s’écrit pas entre Idriss Diallo et Malick Tohé

Depuis quarante-huit heures, l’entourage du président sortant de la Fédération ivoirienne de football laisse entendre que Malick Adam Tohé a renoncé à son ambition d’être candidat à l’élection du 12 septembre 2026 pour la présidence de la FIF. Les négociations en cours, menées à huis clos, racontent une histoire plus complexe ce vendredi 24 juillet 2026 : celle de deux hommes qui discutent encore, et d’un accord dont la formalisation écrite peut rester le point d’achoppement.

Des partisans d’Idriss Diallo l’affirment avec insistance : Malick Adam Tohé a abdiqué. « C’était prévisible », disent-ils, convaincus que le président sortant sera in fine le seul candidat sérieux, voire le candidat unique. La rumeur a fait son chemin jusque dans le camp Tohé, où une impression de flottement s’est installée depuis le jeudi 23 juillet 2026, au lendemain du retour au pays d’Idriss Diallo, dans la nuit du mercredi 22 juillet 2026.

La réalité, selon nos informations, est plus nuancée : les discussions se poursuivent et aucun accord n’est trouvé.

Un geste d’ouverture diversement interprété
Fait notable, et qui plaide pour la volonté de dialogue du président sortant : Idriss Diallo a proposé à Malick Tohé de devenir son directeur de campagne. Dans le camp Diallo, on y voit une main tendue, la preuve que le président sortant veut continuer de travailler avec son premier vice-président plutôt que contre lui. Dans le camp Tohé, on s’interroge : offre sincère d’association, ou manière élégante de refermer la parenthèse d’une candidature concurrente ? Les quatre années de cohabitation écoulées nourrissent, chez les uns la confiance, chez les autres la prudence.

Le nœud : l’écrit

La véritable difficulté des négociations est là. Selon des sources proches des discussions, l’entourage de Malick Tohé souhaite que les engagements pris de part et d’autre soient consignés dans un accord écrit, confidentiel, cosigné devant témoins, qu’aucune partie ne divulguerait. Cette formalisation n’a, à ce jour, pas eu lieu.

Pourquoi cette exigence ? Elle renvoie à 2022. L’entourage de Tohé soutient qu’Idriss Diallo s’était alors engagé verbalement à ne faire qu’un seul mandat. Aucun document n’en atteste, et rien n’indique que le président sortant reconnaisse cette version : sans écrit, chacun peut légitimement camper sur son souvenir. C’est précisément l’argument du camp Tohé pour réclamer, cette fois, une trace. Et c’est aussi ce qui rend l’épisode invérifiable : en 2022, les deux hommes s’étaient entendus sans médiateur, presque sans témoins. Cette fois, les témoins seraient nombreux- mais un témoin, aussi respectable soit-il, ne fait pas exécuter un engagement. De plus le souvenir de la polémique de l’alternance entre les présidents Ouattara et Bédié est encore dans les esprits.
On peut comprendre, à l’inverse, les réticences qu’inspirerait un tel document. Entre la garantie écrite que réclame l’un et la confiance que demande l’autre, la négociation cherche encore son point d’équilibre.

La position de Tohé

Le toujours premier vice-président de la FIF ne demande, selon son entourage, qu’une chose : que chacun aille aux élections et parle aux électeurs. L’entourage ne conteste pas le droit d’Idriss Diallo à se représenter ; il s’étonne que celui de Malick Tohé soit discuté. Et lorsque les partisans de Malick Tohé esquissent une ouverture ( « au cas où il se retire, quelles garanties par rapport à 2022 ? ») la réponse qui parvient reste, pour l’heure, verbale.
Son entourage cite même un précédent qui explique sa circonspection : un appel à candidatures était prévu pour la Direction exécutive de la FIF ; il n’a finalement pas eu lieu, le président Diallo ayant procédé directement à la nomination de M. Gohourou. Anecdote mineure pour les uns, (un président élu nomme son administration, rien de plus normal), symptôme pour les autres d’engagements d’avant-élection restés lettre morte.

Un bilan, deux lectures
Sur la gouvernance des quatre dernières années, les lectures divergent tout autant. Les soutiens du président sortant mettent en avant des résultats, une fédération qui a tourné, des succès sportifs. Ses critiques, y compris dans l’entourage de Tohé, décrivent une gestion très personnelle, une omniprésence du président dans les victoires, seul et partout avec la coupe, quand le comité exécutif compte dix-huit membres élus, devenus vingt-cinq — et une propension à partager plus volontiers les défaites que les triomphes. Vice-président durant tout le mandat, Malick Tohé est d’ailleurs comptable, aux yeux du camp Diallo, de ce même bilan qu’il questionne : l’argument se retourne, et chacun le sait.

Ce qui est certain, ce qui ne l’est pas

À ce stade, une seule chose est établie : la négociation n’est pas rompue, et aucun accord écrit n’a été signé. Tout le reste (renoncement supposé de l’un, refus supposé de l’autre), relève de la guerre des narratifs que se livrent les deux camps, à sept semaines du scrutin du 12 septembre 2026. La rumeur d’abdication prospère précisément parce que le secret des discussions laisse le champ libre à toutes les versions.
La question qui décidera de la suite tient en peu de mots : ces deux hommes peuvent-ils encore se faire confiance sans papier signé ?

Commentaires Facebook

Leave a Comment

Scroll to Top