À moins de deux mois de l’Assemblée générale élective de la Fédération Ivoirienne de Football, prévue le 12 septembre 2026, la bataille pour la présidence se joue désormais autant sur le terrain des textes que sur celui des ambitions.
Des sources proches du processus signalent des soupçons de combines autour de l’organisation du scrutin, ainsi que des menaces de recours devant la CAF et la FIFA en cas d’irrégularités. Retour aux textes, seuls arbitres légitimes de la séquence qui s’ouvre.
Article 83 : la Commission électorale, et elle seule
L’article 83 des Statuts de la FIF est sans ambiguïté : la Commission électorale est responsable de l’ensemble des tâches relatives à l’organisation, au déroulement et à la supervision des travaux de l’Assemblée générale élective. Elle organise les élections, en contrôle le déroulement, supervise le dépouillement des votes et proclame les résultats. Elle est, en outre, compétente pour régler toute question liée à l’organisation du scrutin, sous réserve du contentieux de l’éligibilité.
Traduction : le Comité exécutif n’a aucune compétence en la matière.
Une fois la date de l’AG élective fixée, sa dernière tâche consiste à convoquer effectivement l’Assemblée. Le reste appartient à la Commission électorale, qu’il conviendrait, selon nos sources, l’urgence étant là, de convoquer sans délai afin qu’elle décline son plan d’action et que soient mis à sa disposition les moyens logistiques nécessaires, locaux compris, comme l’y oblige d’ailleurs l’article 5, alinéa 3, du Code électoral.
Liste des électeurs : le DEX assiste, il ne dirige pas
Autre point de friction signalé : le rôle de la Direction exécutive dans l’établissement de la liste des électeurs. Là encore, le Code électoral tranche. Son article 5, alinéa g, dispose que la Commission est responsable « de l’établissement de la liste des électeurs, avec l’assistance de la Direction exécutive, conformément aux dispositions statutaires de la FIF ». C’est donc bien la Commission qui initie toutes les opérations ; le DEX ne fait qu’assister.
Et les Statuts ne prévoient aucun préenregistrement des délégués : leur article 38 se borne à exiger que les membres actifs fassent parvenir à la Direction exécutive les noms de leurs délégués huit jours ouvrables avant la date prévue de l’AG. Toute procédure qui s’en écarterait serait sans base textuelle, l’article 5, alinéa 4, du Code électoral rappelant du reste que la Commission « ne saurait prescrire d’obligations ni d’exigences qui n’aient été définies par les textes en vigueur ».
Le DEX n’est plus secrétaire de la Commission
Contrairement à la pratique observée du temps de feu Sam Etiassé, le Directeur exécutif n’est plus secrétaire de la Commission électorale. L’article 4 du Code électoral est formel : la Commission élit son bureau en son sein — un président, juriste qualifié, un vice-président, un secrétaire et un rapporteur. Le Directeur exécutif ne peut prendre part aux travaux qu’à titre consultatif et sur requête de la Commission ; il assure la logistique sous la supervision du secrétaire, ne peut être secrétaire de la Commission et n’a aucun pouvoir de décision sur le processus électoral.
Le cas Faé : une décision qui n’appartient plus au COMEX sortant
Reste l’un des dossiers les plus sensibles : celui du sélectionneur Emerse Faé. Le mandat du Comité exécutif étant arrivé à son terme, celui-ci devrait se borner, en pareille circonstance, à expédier les affaires courantes, c’est-à-dire à poser des actes conservatoires, en bon père de famille. Or, le licenciement ou la prolongation d’un sélectionneur national n’est ni un acte banal ni un acte ordinaire.
Deux hypothèses, dès lors. Si Faé est toujours sous contrat, son sort doit être laissé à l’appréciation du nouveau Comité exécutif issu des urnes du 12 septembre 2026. S’il n’est plus sous contrat, la sagesse commanderait de désigner un intérimaire pour la reprise de septembre 2026, sans engager l’avenir.
Toute autre voie exposerait la Fédération à des recours et nourrirait précisément les soupçons de combines que d’aucuns agitent déjà, avec l’arbitrage du gouvernement, de la CAF et de la FIFA en ligne de mire.
À la FIF, la loi des textes doit rester la seule règle du jeu. Le 12 septembre 2026 en sera le premier test.
Hervé Coulibaly





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