Mondial 2026: Les restrictions de visas ont-elles pesé sur les performances des sélections africaines ?

Ils étaient dix à représenter l’Afrique au coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 : le Maroc, le Sénégal, l’Algérie, le Ghana, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert, la Tunisie et l’Égypte.

Parmi eux figuraient des habitués des phases à élimination directe, comme le Maroc et le Sénégal, mais aussi des sélections qui retrouvaient ce niveau après une longue absence, à l’image de l’Algérie et du Ghana. D’autres, en revanche, découvraient, ou retrouvaient après plusieurs décennies, les émotions d’un match à élimination directe dans un Mondial, comme la Côte d’Ivoire, la RDC, le Cap-Vert, l’Afrique du Sud ou encore l’Égypte.

Avant même le début du tournoi, un autre sujet s’était invité dans les débats : les difficultés rencontrées par de nombreux supporters africains pour obtenir un visa, notamment pour les États-Unis, principal pays hôte de cette Coupe du monde organisée avec le Canada et le Mexique. Plusieurs fédérations et observateurs avaient regretté que certaines sélections soient privées d’une partie de leur traditionnel « douzième homme ».

Il demeure toutefois impossible d’établir un lien direct entre ces restrictions et les performances sportives. Aucune étude ne permet aujourd’hui d’en mesurer l’impact réel. En revanche, l’influence du public lors des grandes compétitions est largement reconnue. Le soutien des supporters peut constituer un avantage psychologique important, notamment dans les rencontres à élimination directe.

Ce constat soulève néanmoins une interrogation. Les deux seules sélections africaines encore en lice, le Maroc et l’Égypte, comptent parmi celles qui disposent des diasporas les plus importantes en Amérique du Nord, et particulièrement aux États-Unis. Cette présence a pu leur assurer un soutien populaire plus conséquent dans les stades. Il ne s’agit pas d’une preuve que cet élément explique leurs qualifications, mais cette différence de mobilisation mérite d’être prise en considération dans l’analyse globale du parcours des équipes africaines.

Deux qualifiés, des espoirs mais aussi des regrets

Au terme des seizièmes de finale, seuls deux représentants africains poursuivent leur route : le Maroc et l’Égypte.

Les Lions de l’Atlas confirment leur changement de dimension. Après leur demi-finale historique de 2022, les Marocains ont éliminé les Pays-Bas, pourtant beaucoup plus expérimentés à ce niveau, et s’imposent désormais comme de véritables outsiders pour le titre mondial. Plusieurs bookmakers les placent parmi les favoris de cette édition.

L’Égypte est l’autre grande satisfaction du continent. Les Pharaons retrouvent les huitièmes de finale pour la première fois depuis 1934 après leur succès aux tirs au but contre l’Australie. Emmenés par Mohamed Salah, ils démontrent qu’ils peuvent enfin traduire sur la scène mondiale leur immense domination en Coupe d’Afrique des nations.

Le Cap-Vert quitte également la compétition avec les honneurs. Opposés aux champions du monde argentins (2-3), les Requins bleus ont livré une prestation héroïque, poussant l’Albiceleste dans les prolongations. Malgré l’élimination, ils repartent avec les félicitations des observateurs et la confirmation de leur progression.

La RDC peut nourrir des regrets après avoir longtemps tenu tête à l’Angleterre. L’Afrique du Sud s’est inclinée face à un Canada pas  toujours supérieur, tandis que l’Algérie n’a pas trouvé les ressources nécessaires pour franchir l’obstacle suisse.

Le Ghana quitte lui aussi le tournoi avec des regrets après son élimination (0-1) face à la Colombie.

La plus grande déception reste probablement la Côte d’Ivoire. Talentueux, les Éléphants semblaient avoir les moyens d’aller plus loin. Mais les défaites contre l’Allemagne en phase de groupes puis face à la Norvège en seizièmes de finale ont rappelé que cette génération doit encore franchir un cap dans la gestion des moments décisifs et dans son efficacité offensive.

Enfin, le Sénégal a connu une sortie particulièrement douloureuse. Les Lions de la Teranga menaient pourtant 2-0 face à la Belgique avant de s’effondrer. Au-delà du scénario spectaculaire de cette élimination, c’est également la gestion de la sélection en coulisses qui fait aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations.

L’Afrique n’a désormais plus que deux cartes à jouer. Le Maroc affrontera le Canada avec l’ambition de confirmer son statut de prétendant au titre mondial. L’Égypte, de son côté, tentera de créer un nouvel exploit face à l’Argentine de Lionel Messi. Deux défis immenses, mais aussi une occasion historique de prolonger le rêve africain dans cette Coupe du monde 2026.

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