
Plus qu’un simple anniversaire, plus qu’une célébration partisane, les 80 ans du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA), célébrés le samedi 27 juin à Bouaké, se sont imposés comme un puissant moment de mémoire, de mobilisation et de projection vers l’avenir.
Dans une ambiance de ferveur militante, le plus ancien parti politique de Côte d’Ivoire a tenu à rappeler qu’il demeure une force historique capable d’assumer son héritage tout en préparant l’avenir.
Au cœur de cette rencontre, le secrétaire exécutif en chef du PDCI-RDA, le ministre Yapo Calice, a prononcé un discours à forte portée politique et symbolique. Replaçant le parti dans la longue marche de l’histoire ivoirienne, il a rappelé que, depuis sa création en 1946, le PDCI-RDA accompagne les grandes étapes de la construction nationale, de la lutte pour l’indépendance à l’édification de l’État moderne.
À travers cette intervention, c’est avant tout la fidélité à une mémoire collective qui a été célébrée : celle du président Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la Nation ivoirienne, celle du président Henri Konan Bédié, artisan de la consolidation du parti et de la préservation de son héritage, mais aussi celle des milliers de militants, de cadres et de bâtisseurs anonymes qui ont porté le PDCI-RDA dans les périodes de gloire comme dans les moments d’épreuve.
Mais à Bouaké, l’heure n’était pas à la nostalgie. Le message central du secrétaire exécutif en chef fut un appel à l’action. Selon lui, ces 80 ans doivent marquer un nouveau départ : celui d’une remobilisation générale et d’une reconquête politique méthodiquement préparée.
Régions, délégations départementales, sections, comités de base, jeunesse et structures féminines ont été invités à intensifier leur engagement. Le message est clair : les victoires politiques ne se décrètent pas ; elles se construisent dans la durée, grâce à la discipline, à l’organisation et à une présence constante auprès des populations.
Cette célébration a également permis au PDCI-RDA de réaffirmer sa vision de société. Le parti affirme porter une ambition qui dépasse la seule alternance politique. Il défend une Côte d’Ivoire plus juste, plus solidaire, plus attentive aux préoccupations des populations vulnérables, davantage tournée vers la réconciliation nationale, la méritocratie et une prospérité mieux partagée.
Dans un contexte marqué par des tensions sociales, des interrogations sur la gouvernance et les attentes d’une jeunesse en quête de perspectives, ce positionnement constitue l’un des principaux axes du discours politique du parti.
L’autre temps fort de cette célébration a été la mise en avant du leadership du président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam. Présenté comme le porteur d’une nouvelle espérance nationale, l’ancien dirigeant de grandes institutions internationales est décrit comme une personnalité capable de conjuguer compétence, expérience, crédibilité et capacité de rassemblement.
Pour les responsables du parti, son parcours offre au PDCI-RDA un visage moderne et rassurant, susceptible de répondre aux aspirations d’une large partie de l’opinion publique en faveur d’une gouvernance plus inclusive et plus efficace.
Au-delà des discours, l’impression générale laissée par cette célébration est celle d’un parti qui refuse de vivre uniquement de son prestigieux passé. En célébrant ses 80 ans, le PDCI-RDA entend transformer son héritage historique en une nouvelle énergie politique et en une dynamique de reconquête.
La forte mobilisation observée à Bouaké, la discipline des militants et l’organisation de la cérémonie ont d’ailleurs été largement saluées par les participants ainsi que par plusieurs observateurs de la vie politique nationale.
Le message adressé à la Nation est sans équivoque : le PDCI-RDA veut ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Un chapitre où l’alternance politique se construirait dans la paix, le dialogue et la responsabilité ; un chapitre où le leadership de Tidjane Thiam se veut le point de convergence entre l’exigence de compétence, le besoin de justice sociale et l’espérance d’une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même.
À Bouaké, le PDCI-RDA n’a donc pas seulement célébré huit décennies d’existence. Il a voulu envoyer un signal politique fort : celui d’un parti qui se souvient de son passé, se réorganise pour l’avenir et entend redevenir l’un des principaux instruments du progrès, de la stabilité et de l’espérance nationale.
Hamed Koffi ZarourCadre militant du PDCI-RDA et inspecteur du parti





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