
De nombreux Ivoiriens de la diaspora vivent aujourd’hui dans une précarité
silencieuse. Retraités aux revenus insuffisants, migrants en difficulté, personnes ayant rompu tout lien avec leurs proches après un parcours migratoire douloureux : cette réalité, souvent ignorée, est au cœur de la mission que s’est donnée l’ONG FASE (Fraternité, Solidarité et Entraide). Officiellement lancée à Paris, l’organisation entend désormais passer à l’action.
Créée à l’initiative de dix femmes et hommes convaincus que la solidarité doit dépasser le simple discours, FASE ambitionne d’apporter des réponses concrètes aux défis sociaux auxquels sont confrontés de nombreux membres de la communauté ivoirienne vivant en France et, à terme, sur l’ensemble du continent africain.
Pour M. Patrice Manganh Danh, président du Conseil d’administration (PCA), l’objectif est clair :
« Notre ambition est de reconnecter les personnes à l’espoir, aux projets et aux opportunités, afin d’offrir une nouvelle chance aux plus démunis, aux retraités ainsi qu’à toutes celles et ceux que les difficultés de l’immigration ont conduits au découragement. »
Cette vision s’appuie sur plusieurs projets structurants. L’ONG prévoit notamment de développer des initiatives dans les domaines de l’entrepreneuriat, de l’immobilier et de l’accompagnement social. En partenariat avec des structures étatiques, elle entend également créer des solutions d’hébergement d’urgence destinées aux personnes en grande difficulté, notamment celles qui, par honte de leur échec ou par désespoir, ont choisi de couper tout contact avec leurs familles et leurs proches.
Pour M. Diomandé Vaté, président de FASE, la solidarité doit aussi s’exprimer face aux aléas de la vie.
« Au-delà des projets déjà engagés, nous mettons en place une assurance santé-décès afin d’accompagner nos membres dans les moments difficiles. Une plateforme numérique dédiée servira également d’espace d’échanges, de financement de projets, de communication et d’investissement en Côte d’Ivoire, avant d’étendre progressivement cette dynamique à l’ensemble du continent africain. »
Au-delà des annonces, FASE devra désormais convaincre par des actions concrètes. Mais son projet, fondé sur la fraternité, la solidarité et l’entraide, suscite déjà un réel intérêt au sein de la diaspora ivoirienne.
À l’heure où les questions du retour au pays, du vieillissement des migrants et de la réinsertion économique occupent une place croissante dans les débats, cette jeune organisation entend apporter des solutions durables à des problématiques longtemps restées sans réponse.
Si les ambitions affichées se traduisent par des réalisations concrètes, FASE pourrait rapidement s’imposer comme un acteur majeur de la solidarité ivoirienne en France et un modèle d’engagement associatif tourné vers le développement humain, économique et social, aussi bien en Côte d’Ivoire que sur le continent africain.
Georges-Eden Bobia
Correspondant à Paris





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