Projet de création d’une business school / Le ministre Adama Diawara adoube le projet porté par les anciens de l’Esca et pose des balises

La célébration des 50 ans a été clôturée ce vendredi 12 juin, à Sofitel Hôtel Ivoire, au 2e jour par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Pr. Adama Diawara. L’une des propositions phares de cette célébration a été la création ici en Côte d’Ivoire d’une Business school répondant aux standards de formation internationaux. Au projet porté par les anciens étudiants devenus des cadres commerciaux de haut rang, a été bien accueilli par le ministre Diawara qui a dit tout le bien qu’apportera cette école si elle voyait le jour.

Le premier responsable de l’enseignement supérieur de notre pays a rassuré le monde universitaire et les porteurs du projet de sa disponibilité à travailler collégialement en y engageant ses agents pour que très vite, des décisions soient prises. Analysant le bénéfice à tirer d’une telle réalisation, il a indiqué que cette école limiterait la fuite des cerveaux en même temps qu’elle réduira les coûts de formation des cadres comparativement à leur formation outre-atlantique et qu’elle replacerait la Côte d’Ivoire comme un hub africain en matière de formation de pointe.

D’ici là, dans le cadre de la coconstruction du projet, il a promis une nouvelle réforme de l’Inp-Hb en ce qui concerne ses attributions et son fonctionnement afin de tenir compte de la mise en place de l’Esca Business School.

Le ministre a saisi cette tribune pour se prononcer sur la.problématique du chômage au sortir des universités et même grandes écoles de renommée. Il a abordé le sujet dans toute sa nudité surtout d’un point de vue économique. Alors que le taux
de chômage national s’établit à 4,7 % au troisième trimestre 2025 selon les indicateurs du Bureau
International du Travail, dit-il, ce chiffre bondit à 13,7 % dès lors qu’on isole les seuls diplômés de l’enseignement supérieur. Un écart qui appelle, selon lui, une rupture dans la manière de concevoir la formation :
« Si nos diplômés ne comptent que sur la fonction publique et les entreprises privées
établies, on ne peut pas s’en sortir. Il faut penser au taux d’emploi, il faut penser à
l’entrepreneuriat.
Tout ce qui va dans ce sens, nous, on souscrit des deux mains, tout
de suite. C’est pour cela que dans la nouvelle loi sur l’enseignement supérieur, la
recherche et l’innovation, nous avons introduit un socle commun de compétences
que tous nos diplômés doivent avoir au sortir de la licence : l’anglais, l’informatique —
et l’entrepreneuriat. »

Il a relevé ce qui constitue un paradoxe dans l’optique de la formation d’une ressource humaine de qualité. Cette politique qui consiste à envoyer des boursiers ivoiriens à l’étranger et une fois formés, ceux-ci rechignent à revenir se mettre au service de leur pays. Pour preuve, il fait savoir que <<64 diplômés de l’ESCA ont intégré HEC Paris. Résultat : zéro retour. Sur les 58 étudiants ivoiriens admis à l’École Polytechnique, un seul a regagné le pays.>>

C’est justement ce constat de fuite
des cerveaux systémique — et non un simple sentiment — qui fonde, pour le ministre, l’urgence économique du projet ESCA Business School. Un engagement d’État assorti d’une méthode de travail.

SD à Abidjan

syldebailly24@gmail.com

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