
Il y avait fête le samedi 30 mai dans le village d’Ahua, à un jet de pierre de Jacqueville, région des Grands ponts, pays des 3A (Alladian, Avikam, Ahizi). Il y a onze ans, le patriarche Brinsou Bodo Fabien (83 ans) recevait son arrêté de nomination en tant que chef, des années plus tard, la communauté villageoise décide de bâtir un siège de la chefferie à la dimension des ambitions du village riche de ses terres. Les travaux de construction lancés en 2021, s’achèvent en 2026. Un imposant édifice sort de terre. La cérémonie de samedi était donc un double événement : intronisation du chef et inauguration du siège de la chefferie.
Pour l’occasion, les populations ont invité le vice-premier ministre Téné Birahima Ouattara en tant que haut patron de la cérémonie et le député Marcel Amon Tanoh comme parrain. La libation, le rituel d’intronisation conformément aux us et coutumes Alladian ont fait place aux discours des officiels juste avant la coupure du ruban symbolique inaugurant le siège.
Dans son discours de bienvenue, le maire Rhdp de Jacqueville, Joachim Beugré a salué la bravoure des populations qui n’ont sollicité ni aide, ni aumône pour s’offrir cet édifice à l’architecture coquette et d’une valeur de 120 millions de Fcfa.
Dans un rappel aux allures de cours d’histoire, l’hôte du ministre Abou Bamba qui représentait le vice-premier ministre, Joachim Beugré a fait étalage des énormes sacrifices consentis par le département de Jacqueville depuis la période coloniale. D’abord, la réalisation du canal de Vridi. qui priva Jacqueville de kilomètres carrés de terres et de l’enclavement et l’avènement du bac qui fut un moment de pénibilité pour les populations. Aujourd’hui encore, il a fallu Jacqueville pour céder 2000 ha de terres pour la réalisation de l’académie de lutte anti-terroriste, selon le récit du maire. C’est encore aux larges de Jacqueville que sont découverts les gisements de pétrole et de gaz pour les besoins énergétiques de la Côte d’Ivoire entière. « Chaque fois qu’une ampoule s’allume à Korhogo, Daloa ou à Bondoukou, une partie de cette lumière vient de Jacqueville », a dit Joachim Beugré qui magnifie « Jacqueville la généreuse » et qui rappelle au plan politique que de toutes les crises qui ont secoué le pays, la région des 3A s’est distinguée par le calme de ses populations. Le fruit de la sagesse et de l’autorité de ses chefs, justifie le maire. Tout ceci comme pour interpeller l’Etat à donner à ce département ce qu’il mérite. Des infrastructures et principalement des routes bitumées.

Il est revenu au député Amon Tanoh de dévoiler véritablement les doléances des populations. Celui-ci a traduit que souvent, les populations ont l’impression que le pétrole et le gaz extraits des fonds marins qui jouxtent leurs villages les survolent pour aller enrichir d’autres contrées du pays. Cette impression, de son avis, doit être contredite par du concret : le bitumage de l’axe Jacqueville – Toukouzou – Noumouzou long de seulement 50 km, en plus de la fourniture de l’eau potable et de l’électricité. « J’en ai discuté avec le chef de l’État et il m’a dit, Marcel, la route c’est une promesse et elle sera tenue », tempère le député qui plaidé pour que le correctif budgétaire 2026 prenne en compte le bitumage de cette route. Sur sa lancée, l’ancien ministre des affaires étrangères dit faire totalement confiance au président Ouattara.
Apportant la réponse du haut patron de la cérémonie, le vice-premier ministre, Abou Bamba son représentant a simplement rappelé une formule bien aimée des partisans du chef de l’Etat : « Ce que Ouattara dit, Ouattara fait ». Au passage, il a rendu un hommage à la famille Yacé et particulièrement à Philippe Grégoire Yacé dont le soutien a été déterminant pour l’ascension politique d’Alassane Ouattara dans le tumulte consécutif au décès de Félix Houphouët-Boigny en 1993.
SD de retour de Jacqueville
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