BURIDA: des artistes réclament des explications à Gadji Celi sur une présumée disparition de 2 milliards FCFA

Une vive polémique secoue actuellement le BURIDA. Des artistes sociétaires de l’institution ont publiquement demandé des explications à Gadji Celi concernant la disparition présumée de deux milliards de francs CFA durant sa gestion après la crise postélectorale de 2010-2011.

Réunis ce vendredi 29 mai 2026 au Centre culturel d’Abobo, plusieurs artistes, comédiens et sociétaires du BURIDA ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme un silence inquiétant autour de la gestion financière de l’institution. Prenant la parole au nom du collectif, le comédien Nestor Eboua dit Akowe a exprimé la colère et le désarroi de nombreux artistes ivoiriens.

Selon lui, les sociétaires avaient accepté d’importants sacrifices pour sauver le BURIDA à une période où l’institution traversait une grave crise financière. Il a rappelé qu’à l’époque, une dette estimée à près de quatre milliards de francs CFA avait été annoncée aux artistes, lesquels avaient alors accepté de renoncer à une partie de leurs droits d’auteur.

« Nous avons accepté des sacrifices avec douleur, mais avec responsabilité, parce que nous voulions sauver le BURIDA », a-t-il déclaré devant la presse.

Mais aujourd’hui, plusieurs sociétaires affirment découvrir avec stupéfaction que, malgré ces efforts consentis, certains artistes continuaient d’être prélevés sur leurs droits d’auteur durant cette période. Plus grave encore, ils évoquent la révélation, lors d’assemblées générales et d’un audit présenté aux sociétaires, qu’un trou financier de deux milliards FCFA serait lié à la gestion de Monsieur Gadji Celi.

Les artistes dénoncent également les conditions précaires dans lesquelles vivent de nombreux créateurs ivoiriens. Certains seraient malades, sans assistance sociale ni couverture médicale, tandis que d’autres peineraient à subvenir aux besoins de leurs familles malgré leurs années de contribution au rayonnement culturel du pays.

« Cet argent n’appartient ni à l’État ni à une personne privée. C’est l’argent des artistes ivoiriens », a insisté Akowe.

Face à cette situation, les sociétaires mécontents demandent publiquement à Gadji Celi de venir s’expliquer devant les artistes et l’opinion nationale. Ils indiquent lui accorder un délai de trois jours pour répondre à leurs préoccupations avant une éventuelle saisine officielle du procureur de la République.

Le collectif a également lancé un appel à la ministre de la Culture, Françoise Remarck, afin qu’elle s’implique dans ce dossier qu’ils jugent préoccupant pour l’avenir des artistes ivoiriens et la crédibilité du BURIDA.

Cette nouvelle controverse remet une fois de plus au centre du débat la question de la gouvernance des structures de gestion des droits d’auteur en Côte d’Ivoire, ainsi que les conditions sociales souvent difficiles des artistes et créateurs culturels.

Commentaires Facebook

Laisser un commentaire

Retour en haut