Affaire Affoué Félicité / Une procédure disciplinaire à l’encontre de deux agents du ministère de la Justice auteurs du blocage

Le garde des sceaux, ministre de la justice fait le ménage depuis quelques jours au sein de son département après ses instructions et ses mises en garde répétées sur la conduite des agents sous ses ordres. Il y a seulement quelques jours, il relevait de ses fonctions un haut cadre du ministère qui avait pris des libertés avec le code de la route. Celui-ci avait roulé en sens inverse et la scène filmée n’a pas échappé au ministre. Il l’a immédiatement relevé de ses fonctions et un communiqué avait fait suite à son acte.

Jean Sansan Kambilé vient encore de sévir en engageant une procédure disciplinaire contre deux agents identifiés comme auteurs du blocage du dossier de dame Kouamé Affoué Félicité. Celle-ci avait interjeté appel de son jugement la condamnant à 20 ans de prison en 2019. Jusqu’en 2026, c’est-à-dire sept ans après cet appel n’a jamais été enrôlé pour passer en jugement. L’alerte de cette affaire avait été donnée via Facebook par Me Méité, avocat ivoirien inscrit au barreau de Paris. Le garde des sceaux s’en était saisi et a ouvert une enquête par l’Inspection des services judiciaires. Cette enquête a abouti. (Voir communiqué)

Agents sanctionnés ! Et après ?

La volonté de nettoyer l’appareil judiciaire ivoirien de ses mauvais grains est sans nul doute un acte de courage. C’est un acte de salubrité publique qui va contribuer à redorer l’image du pays terni par la mauvaise perception de notre justice par une frange de l’opinion. C’est le passage obligé pour rassurer les investisseurs qui frappent tous les jours aux portes de la Côte d’Ivoire. Parce qu’une justice non fiable, c’est un investissement risqué et le risque pays s’en trouve impacté, négativement.

Mais aujourd’hui, la question qui se pose, c’est le sort de celle qui purge encore sa peine, dame Affoué Félicité. Son appel aurait pu la sortir d’affaire s’il avait été jugé. Cela n’a pas été fait et c’est une injustice criarde contre ses droits de citoyenne et de justiciable. Par le comportement de deux agents (véreux) qui n’avaient sans doute pas d’intérêts personnels dans son affaire, elle croupit au Ppa ex-Maca, dans le dénuement moral. Que fait-on maintenant pour elle si nous devons féliciter le ministre pour sa conduite exemplaire dans cette affaire ? Libérer dame Affoué purement et simplement pour les faits de dysfonctionnement qui la lèsent ou programmer son jugement en appel ? La première solution aurait été plus commode à notre sens. Il faut libérer la pauvre dame pour ne pas qu’elle soit la victime de trop d’un appareil grippé par les mauvaises pratiques de ses agents.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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