Italie enquête sur le “caporalato” et le travail illégal : vingt entreprises agricoles impliquées

 

Selon la brigade financière, plus de 1 300 personnes seraient entrées illégalement en Italie, après avoir payé jusqu’à 20 000 euros pour obtenir des documents.

Une vingtaine d’entreprises agricoles de la région de Plaisance sont impliquées dans une enquête de la garde des finances de Rovato, dans la province de Brescia, sur le phénomène du caporalato (exploitation illégale de la main-d’œuvre) et de l’immigration clandestine. Il s’agirait de complices d’une organisation criminelle transnationale qui faisait entrer illégalement en Italie des travailleurs agricoles indiens. Les enquêteurs estiment qu’entre 2018 et 2024, 1 364 migrants sont entrés irrégulièrement dans le pays. Les travailleurs auraient payé des sommes très élevées aux responsables du réseau : jusqu’à 13 800 euros pour un permis de séjour saisonnier, auxquels s’ajoutaient 7 200 euros pour le convertir en permis de séjour « à durée déterminée ».

Cinq provinces concernées
Au total, 39 entreprises agricoles sont impliquées dans l’enquête des forces de l’ordre. Parmi elles, une vingtaine se trouvent dans la région de Plaisance, tandis que les autres sont situées dans les provinces de Brescia, Crémone, Pavie, Milan et Lodi.

Le système frauduleux reposait sur une utilisation abusive du « décret flux » à travers des sociétés fictives qui fournissaient de fausses attestations de travail et de logement, expliquent les enquêteurs.

Les responsables dans la région de Brescia
Des accusations d’association de malfaiteurs ont été portées contre douze personnes. Parmi elles, trois d’origine indienne ont été assignées à résidence. Elles dirigeaient deux coopératives et une société, toutes situées dans la région de Brescia, autour desquelles gravitait le système frauduleux. Une interdiction d’exercer des fonctions de direction dans des entreprises leur a également été imposée pour une durée d’un an.

Organisation criminelle
L’enquête de la garde des finances de Rovato a débuté à la suite de contrôles administratifs effectués avec l’inspection du travail. Au cours des vérifications, une importante quantité de documents a été saisie, faisant apparaître des soupçons de fourniture frauduleuse de main-d’œuvre. Les investigations ont révélé l’existence d’une organisation criminelle composée de 12 personnes qui, à travers différentes entités juridiques italiennes et une société de droit indien, facilitaient l’immigration clandestine dans le but d’exploiter les travailleurs comme main-d’œuvre dans des activités saisonnières. Le groupe aurait également émis de fausses factures pour des opérations juridiquement inexistantes.

Fausses offres d’emploi
Dans le cadre de ce système, pour chaque travailleur étranger demandant un permis de séjour en Italie, l’organisation déclarait frauduleusement l’existence d’une offre d’emploi ainsi que la disponibilité d’un logement.

Par ailleurs, les enquêteurs soulignent que certains travailleurs n’auraient pas effectué le nombre d’heures de travail prévues et que certaines prestations auraient été fictives, notamment grâce à l’implication de plusieurs entreprises agricoles situées dans les provinces de Brescia, Milan et Crémone, qui les embauchaient parfois de manière uniquement formelle

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